Le Crédac

2007
Hors-les-murs

Les roses de Jéricho

Artistes : Dove Allouche, Vincent Beaurin, Ulla von Brandenburg, Laurent Grasso, Véronique Joumard, Guillaume Leblon, Gyan Panchal, Pierre Vadi

Commissariat : Claire Le Restif

Bien qu’elles soient irréductibles à une lecture unique, les œuvres réunies dans l’exposition Les roses de Jéricho évoquent, à mes yeux, la notion d’origine : c’est à dire le caractère premier d’une forme du passé, qui persiste, survit au présent, demeure et traverse les siècles vers le futur. Certaines œuvres peuvent être perçues comme archaïques par exemple les œuvres de Dove Allouche, Gyan Panchal, d’autres comme primitives celles de Vincent Beaurin, Guillaume Leblon ou encore empreintes de magie, d’artifice et de mystère celles de Laurent Grasso, Véronique Joumard, Pierre Vadi et Ulla Von Brandenburg.
Objets de culte mystérieux, d’usage ou de contemplation, ces œuvres jouent de contraste : le brut et le sophistiqué, le naturel et l’artificiel, le lisse et le tranchant, dans leur mode de production comme dans leurs formes où certaines strates techniques sont souvent visibles.
Les matériaux choisis par les artistes sont par exemple le polystyrène (issu du pétrole), le silex, la résine tendre (qui peut être aussi un fossile), la peinture thermosensible, les minéraux, le tissage, le tirage photographique au charbon.
Ces œuvres ont un rapport indéfinissable à l’histoire. Elles ne sont ni passéistes, ni futuristes. Elles incarnent une certaine mutation des objets, au sens où leur identité est hybride et transitoire. Elles évoquent le temps qui boucle sur lui-même et persiste. C’est pourquoi j’ai choisi pour titre à cette exposition le nom de cette plante « fossile » extraordinaire, espèce archaïque qui existait déjà au temps des dinosaures, adaptée aux rudes conditions de survie des milieux désertiques.
En période de sécheresse elle perd presque toute son eau et se recroqueville à tel point qu’on la croirait morte.
Pourtant dès les premières pluies, elle se gorge d’eau, reverdit et revient à la vie. Plante du Moyen-Orient, elle fut baptisée comme cela par analogie à la ville biblique de Jéricho, qui renaissait sans cesse de ses cendres.

Claire Le Restif

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