Dead Souls Whisper (1986–1993)
Derek Jarman
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac
Derek Jarman, 40% of British Women, 1992 Huile et fusain sur photocopie sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Derek Jarman, Love Sex Death, 1992 Huile sur toile. Triptyque. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres Photo : Marc Domage / le Crédac
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Derek Jarman, Death Dance, 1973 S8mm, couleur, 15 min 27 s. Avec Christopher Hobbs dans le rôle de la Mort, Gerald Incandela, Tim Spain, Robin Wall, Kevin Whitney. Courtesy : LUMA Foundation
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Au premier plan : Derek Jarman, Negative Image, 1992 Huile sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres. Arrière plan : Derek Jarman, Positive, 1992 et Now we’ve all been screwed by the cabinet, 1992 Huile sur photocopie sur toiles. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Sur le mur, de gauche à droite : Derek Jarman, Kiss, 1992 ; AIDS Blood, 1992 ; Virus, 1992, TV Star, 1992 Huile sur toiles et huile sur photocopies sur toiles. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Premier plan : Derek Jarman, Spread the Plague, 1992 Huile sur photocopie sur toile ; Derek Jarman, Tragedy, 1992 Huile sur photocopie sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Au premier plan : Sloane Square : A Room of One’s Own, 1974–1976 S8mm, couleur et noir et blanc, 8 min 19 s. Filmé par Derek Jarman et Guy Ford Avec : Guy Ford, Alasdair McGaw, Graham Cracker, Derek Jarman. Courtesy : LUMA Foundation
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, I will come when you call (self portrait), 1987 ; Sleep, 1987 ; The Waxwork, 1987 ; Short Circuit, 1988 ; Untitled (Bone, Face and Cross), 1988 ; Untitled (gold bible), 1990 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1988 ; Untitled (Technico), 1989 ; Prima materia, 1992. Huile et techniques mixtes sur toiles. Courtesy des œuvres : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Dans la vitrine, de gauche à droite : Household God III (Wagner), 1989 ; Household God II (Mozart), 1989 ; Untitled, 1988 ; Household God I (Handel), 1989. Techniques mixtes. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, The Waxwork, 1987 ; Short Circuit, 1988 ; Untitled (Bone, Face and Cross), 1988 ; Untitled (gold bible), 1990 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1988 ; Untitled (Technico), 1989 ; Prima materia, 1992. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, I will come when you call (self portrait), 1987 ; Sleep, 1987 ; The Waxwork, 1987 ; Short Circuit, 1988 ; Untitled (Bone, Face and Cross), 1988 ; Untitled (gold bible), 1990 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1988 ; Untitled (Technico), 1989 ; Huile et techniques mixtes sur toiles. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, The Boy who drowned in Holy Water, 1990 ; Untitled, 1988 ; Archaeology, 1988. Huile et techniques mixtes sur toiles. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Household God VI (Mendelssohn), 1989 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1989. Techniques mixtes. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, Untitled (fan), 1991; At the Fifth Quarter of the Globe, 1988 ; Untitled (Comb), 1989 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1991. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres. Sloane Square : A Room of One’s Own, 1974–1976 S8mm, couleur et noir et blanc, 8 min 19 s. Filmé par Derek Jarman et Guy Ford Avec : Guy Ford, Alasdair McGaw, Graham Cracker, Derek Jarman. Courtesy LUMA Foundation
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, Untitled (fan), 1991; At the Fifth Quarter of the Globe, 1988 ; Untitled (Comb), 1989 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1991 ; Silence, 1986 ; The Fairest Order in the World…, 1986. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres. Sloane Square : A Room of One’s Own, 1974–1976 S8mm, couleur et noir et blanc, 8 min 19 s. Filmé par Derek Jarman et Guy Ford Avec : Guy Ford, Alasdair McGaw, Graham Cracker, Derek Jarman. Courtesy LUMA Foundation
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Derek Jarman, Untitled (fan), 1991; At the Fifth Quarter of the Globe, 1988 ; Untitled (Comb), 1989 ; Untitled, 1988 ; Untitled, 1991 ; Silence, 1986 ; The Fairest Order in the World…, 1986 ; This Instant, 1987. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Au premier plan : At Low Tide (The Siren and the Sailor), 1972 S8mm, couleur, 6 min 53 s. Filmé par : Derek Jarman et Marc Balet. Avec : Andrew Logan, Bente Lohse Costumes et accessoires : Christopher Hobbs. Courtesy et © LUMA Foundation
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Dans la vitrine, de gauche à droite : Untitled, 1989 ; Household God V (Molière), 1989 ; Untitled, 1989. Techniques mixtes. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Dans la vitrine, de gauche à droite : Untitled, 1989 ; Household God V (Molière), 1989 ; Untitled, 1989. Techniques mixtes. Au mur, de gauche à droite : Untitled, 1988 ; Film, 1988 ; The fifth quarter of the globe, 1987 ; Night Life, 1987 ; Every thought, 1987 ; Death is all the things we see awake, 1991 ; Untitled (red crucified figure), 1991. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Untitled, 1988 ; Film, 1988 ; The fifth quarter of the globe, 1987 ; Night Life, 1987 ; Every thought, 1987 ; Death is all the things we see awake, 1991 ; Untitled (red crucified figure), 1991 ; Untitled, 1987 ; The Bridge of Sighs, 1987. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : The fifth quarter of the globe, 1987 ; Night Life, 1987 ; Every thought, 1987. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. De gauche à droite : Untitled, 1988 ; Film, 1988 ; The fifth quarter of the globe, 1987 ; Night Life, 1987 ; Every thought, 1987 ; Death is all the things we see awake, 1991 ; Untitled (red crucified figure), 1991. Huile et techniques mixtes sur toile. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Vue de l’exposition Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) Photo : Marc Domage / le Crédac. Derek Jarman, Nightlife, 1990 ; Untitled (photo and string bale), 1991 ; Untitled (Clothes), 1989 ; Thee Thou, 1986 ; Untitled, 1987 ; The Common Prayer, 1989 ; Untitled, 1989 ; Dead Souls Whisper, 1987. Huile et techniques mixtes (dont goudron) sur toiles. Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres.
Derek Jarman, Dead Souls Whisper, 1987 Huile et techniques mixtes sur toile. 30,5 × 25,4 cm Courtesy : Keith Collins Will Trust et Amanda Wilkinson, Londres
Derek Jarman, Blue, 1993 35mm, couleur, son surround, 74 min, numérisé. Courtesy : Basilisk Communications.
Commissariat : Claire Le Restif, avec la collaboration d’Amanda Wilkinson et James Mackay
Artiste, réalisateur, scénariste, musicien, drag amoureux du music-hall, acteur, militant des droits homosexuels, Derek Jarman (1942–1994) est une des figures qui a marqué de son empreinte un moment précis de la culture britannique mais aussi européenne. C’est à la fois sa position politique et artistique que souhaite saluer ce projet, ces deux points constituant une partie importante de la programmation du Crédac.
Dead Souls Whisper met en regard ses films Super 8 produits au milieu des années 1970 et sa pratique de la peinture et des assemblages à travers une cinquantaine d’œuvres réalisée depuis le moment où il est diagnostiqué séropositif en 1986 jusqu’à sa mort. Cette période coïncide avec celle où il fait naître son jardin légendaire autour de Prospect Cottage à Dungeness dans le Kent, dont la création a été pour lui une thérapie, une métaphore de sa bataille acharnée pour la vie, un jardin de la nature moderne à même de lutter contre les crises. Son jardin n’est pas un refuge mélancolique mais un lieu de création. Et s’il n’est pas représenté véritablement dans l’exposition, il est néanmoins omniprésent.
Il nous paraît essentiel qu’un centre d’art éclaire l’œuvre vivante d’un artiste disparu, porteuse de messages aussi intimes que collectifs. Car comme le rappelle Vinciane Despret, « si nous ne prenons pas soin d’eux, les morts meurent tout à fait 1» . « La charge de leur offrir plus d’existence nous revient 2.» . Derek Jarman faisait partie, aux yeux de la société, d’une minorité homosexuelle. Cette exposition rappelle que si la société avance, c’est bien souvent aux minorités qu’elle le doit. Ce combat existe toujours et nous concerne.
Lorsque Jarman apprend sa séropositivité, il met toute son énergie à faire savoir l’impact du sida sur la communauté homosexuelle et sur sa propre vie à travers le contenu de son œuvre, son esthétique et son absolue nécessité de porter l’autobiographie au rang universel. Il est sur tous les fronts : sexuel, artistique, activiste.
Sa dernière série intitulée Queer paintings (1992) située dans la grande salle du Crédac se concentre sur le traitement que réserve la presse à l’épidémie du VIH. Les tabloïdes se déchainent alors avec une fureur homophobe. En réaction, il a le courage de réaliser ses peintures comme un ultime témoignage, à travers lequel il désire à tout prix faire savoir la violence subie par les personnes contaminées et sa propre colère. Jarman qualifie de « pauvres » ses propres peintures qu’il dit être les seules qu’il peut réaliser dans son état, avec la volonté féroce de communiquer au public. Comme chez Robert Rauschenberg, les mots sont contenus dans la peinture : Spread the Plague, Tragedy, Positive, Dead Angels, dont la longueur d’onde ruine la surface. Lorsqu’il les réalise, l’artiste est très affaibli et sa vue a baissé, mais son désir de peindre reste intact. Aussi, lui faudra-t-il l’aide de Piers Clemett et Peter Fillingham pour l’exécution de cette série, qui selon leur témoignage a été réalisée dans une atmosphère joueuse et enjouée, comparable à celle qu’il établissait pour ces directions de films. La beauté du travail de Jarman est de faire tenir ensemble un trop plein de vie et un manque d’espoir.
L’exposition fait également une large place aux séries liées à l’alchimie, à l’assemblage et à la collection d’objets glanés sur la plage de Dungeness. Les couleurs privilégiées par Jarman sont le noir et l’or, à travers l’usage du goudron et de la poussière d’or. Le noir est la couleur de l’univers, la couleur qui relie tout, à la lisière des ténèbres. Le cheminement de l’exposition souligne l’effacement de la matérialité du corps qui disparaît progressivement. Blue, l’œuvre ultime de Derek Jarman clôt le parcours. Il s’agit à la fois de la dématérialisation totale de la peinture, qui retire, à l’exception des voix, le plus d’affect possible. Jarman, quasiment aveugle lorsqu’il produit Blue, propose au spectateur, une expérience d’écoute et de retour à soi, basée sur la perception des mots qu’il a écrit dans son journal intime et qu’il fait dire à des voix amies accompagnées d’une bande son composée par le musicien Simon Fisher Turner.
Ce format d’exposition en hommage à Derek Jarman est avant tout artistique mais il peut également être considéré comme mémoriel, car peu nombreux sont les récits visibles dédiés à l’épidémie du sida. Cy Lecerf Maulpoix dans son livre récent nous rappelle qu’il y a quelque chose à faire, « une tentative à mener collectivement pour faire de la mémoire des morts et des vies oubliées un terreau fertile. Leur conférer un autre rôle, qui n’aurait pas uniquement à voir avec un travail de deuil, mais plutôt avec le désir de les faire exister différemment dans le présent 3».
Le long métrage Blue (1993) est diffusé dans le Crédakino tout au long de l’exposition.
SÉANCES
• En VO
Mercredi, jeudi, vendredi à 14h05
Samedi et dimanche à 14h30
• En VF
Mercredi, jeudi, vendredi à 15h25 et 16h45
Samedi et dimanche à 15h50 et 17h10
Cette exposition est accompagnée d’une diffusion des films The Tempest (du 24 au 30 novembre) et Jubilee (du 1er au 7 décembre) au cinéma d’Ivry — Le Luxy et d’une publication en coédition avec la collection Pleased to meet you.
Une série de rencontres ponctue également l’exposition. Voir événements et rendez-vous ci-dessous.
Vidéo(s)
Vidéo documentaire de l’exposition « Derek Jarman - Dead Souls Whisper (1986-1993) ». Réalisation : Thomas James
Documents
-
Feuille de salle — DEAD SOULS WHISPER (1986–1993), Derek Jarman
2,01 MB / pdfTéléchargement
Ressources pédagogiques
-
Réflex nº44 — DEAD SOULS WHISPER (1986–1993), Derek Jarman
2,11 MB / pdfTéléchargement
Évènements & Rendez-vous
Partenariats
Production : Centre d’art contemporain d’Ivry — le Crédac
Coproduction : Festival d’Automne à Paris
En collaboration avec le Keith Collins Will Trust, Amanda Wilkinson Gallery (Londres), Basilisk Communications (Londres), LUMA Foundation (Zurich), et Pleased to meet you (Paris) ; avec le soutien de La Fab. (Paris)