Le Crédac

Geometric Final Fantasy

Karina Bisch

Passionnée par les formes du modernisme, Karina Bisch se nourrit également des « dehors de l’art » : le design, la mode, le cinéma, la pop music, l’architecture, l’urbanisme, les jeux vidéo, le hip-hop. Elle aime Malevitch, Absalon, Neil Young, Fautrier. Sa religion : les utopies modernistes, les documents historiques, le logiciel Google.

Le point de départ de chaque partie de son travail prend en considération la notion de standard. Les formes géométriques provenant de l’architecture ou de la peinture sont des formes normalisées. Ses sculptures sont produites à partir de formes communes comme le cube, le parallélépipède et des matériaux basiques comme la brique, le plâtre, le bois, le métal. Elle dit construire avec des formes usées, vulgaires. À l’instar du titre de l’exposition, issu d’un jeu vidéo où le joueur compose et édifie son univers domestique et social, Karina Bisch propose un itinéraire au cœur de ses différentes pratiques, peintures et sculptures.

Les quatre Géants en feutre et acrylique sur toile de jute, présentés ici en « paravent » ont des potentiels de lecture très divers : « des références à Matisse (aux papiers découpés), à Picasso, à la pratique du collage cubiste, au décoratif (tapisserie), à la mode (vêtements), au futurisme (ces vêtements sont repris d’après des dessins de Giacomo Balla), un corps hors proportions humaines, le cirque, le monumental, la physicalité des matériaux.

Karina Bisch questionne la notion d’original, et la place qu’occupe « le » modèle aujourd’hui. Pour cette exposition, elle se mesure à une théière créée 1918 par l’artiste russe Kasimir Malevitch (1878-1935), dont elle propose une interprétation « monumentale ». Les formes de l’objet initial sont respectées selon les documents photographiques existants, mais les zones invisibles sur les images sont interprétées par l’artiste.
De Nunchakube, sculpture réalisée en bois, métal et chaînes, Karina Bisch dit « que c’est la vision de Gordon Liu manipulant le nunchaku (arme d’origine japonaise utilisée dans les arts martiaux, formée de deux ou trois bâtons reliés par une chaîne) dans La 36e Chambre de Shaolin de Liu Chia-Liang, associée à la Danse des Bâtons d’Oscar Schlemmer qui a donné lieu à la construction de cette œuvre. Suspendu dans l’espace, ce cube en bois, dont les sommets métalliques sont joints par des chaînes, est un véritable fléau cubique, propice, toujours selon l’artiste « à la lutte à mort que se livre l’homme avec la géométrie ».

Géométrie que l’on retrouve dans ses tableaux qui permettent de saisir le rapport que Karina Bisch entretient avec l’architecture moderniste. Nés de l’observation d’une géométrie présente dans le réel des paysages urbains, les tableaux reprennent des motifs géométriques, des façades de bâtiments, des décors intérieurs au gré des balades de l’artiste.

Claire Le Restif

Vidéo(s)

Film des expositions de Karina Bisch et Vincent Lamouroux © Le Crédac

Biographie artiste

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