Le Crédac

Tessa Hollman-Gustin, Thomas Maestro, Marine Zonca
Plumes, œillets, chaussures, peaux

Le trio composé de Tessa Hollman-Gustin, Thomas Maestro et Marine Zonca a été sélectionné pour la session 2025-26 de la résidence de recherche et d’expérimentation du Crédac.

Cette session dédiée à la production d’un projet vise à accueillir un groupe de travail composé d’un·e curateur·ice et deux artistes.

Iels ont choisi d’explorer la mémoire de la Manufacture des Œillets. Successivement dédié à la fabrication industrielle de porteplumes, d’œillets, de machines pour la conception de chaussures ou la tannerie, aujourd’hui reconverti en lieu culturel, le bâtiment a vu se superposer, au fil de son histoire, de nombreux usages. Ils sont ici envisagés comme des strates poreuses, des particules mêlées plutôt que des points fixes d’une frise chronologique.

Travaillé par les notions de mémoire, d’affects et d’imaginaire, le trio utilise ces strates comme origine à des récits fantasmés, spéculatifs et collectifs. Depuis les traces retrouvées dans les archives de la manufacture et de la ville, les résident·es souhaitent partager la création de nouvelles narrations. Des interprétations, reconfigurations et affabulations qui mettent en dialogue les archives du lieu et leurs recherches artistiques, et qui témoignent autant de la mémoire que de ses possibles détournements.

Biographies artistes

  • Née à Paris en 1993, Tessa Hollman-Gustin est diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2018. À la suite de son diplôme, elle réside pendant un an à la Hochschule für Bildende Künste de Hambourg.

    Par un travail mêlant recherches, sculptures et écriture, Tessa Hollman-Gustin tente de cerner et de comprendre les moments durant lesquels nous investissons d’affect et d’émotion les objets qui nous ceignent, réinterrogeant ainsi les dimensions mémorielles, affectives, fétichistes, sociologiques et anthropologiques de notre culture matérielle. Dans ce cadre, elle s’appuie sur une sorte d’écologie de l’objet capable de questionner la capacité qu’ont les choses à façonner nos existences, nos environnements, nos mouvements, nos imaginaires et, par là même, nos schémas de pensée.

    En 2024, elle assure le commissariat de l’exposition collective Good Morning Hammer, dans l’artist-run-space ChezKit (Pantin), explorant le rapport qui existe entre sentimentalité et objets industriels. La même année, elle est accueillie en résidence à la Villa Belleville (Paris) puis à Prám Studio (Prague).

  • Thomas Maestro est curateur indépendant et fait partie du collectif Champs magnétiques. Il a été curateur associé au Cneai, puis entre 2023 et 2024, fut commissaire associé pour la saison hors-les-murs du CAC Brétigny, en résidence curatoriale à la Maison Populaire (Montreuil) et a participé au Prix Dauphine pour l’Art Contemporain. Il est co-commissaire de la saison 2025-2026 d’Orange Rouge. Il travaille au Centre culturel Jean-Cocteau où il assure la médiation et le co-commissariat des expositions. Il est, avec Agathe Schneider, membre du duo artistique et curatorial Éléments partout.

    Il s’intéresse aux secrets, aux vibrations du réel, aux ruines et aux cabanes, à ce qui est peu visible mais bien présent. La transmission est au cœur de ses envies, en tant que vecteur de mouvements collectifs. Il aime porter des collaborations entre des artistes et celle·eux qui ne le sont pas.

  • Marine Zonca (née en 1993) vit et travaille à Paris. Diplômée des Beaux-arts de Lyon en 2017, elle intègre le master Arts, Littératures, Langages de l’École des hautes études en sciences sociales en 2021 avec une recherche autour de la mnémotechnie au XIXe siècle.

    Son travail de sculpture et de dessin aborde la dimension sensible et située des savoirs. À l’image de l’archive, des technologies d’écriture féminines ou de la visualisation des données, ses sculptures figurent un texte potentiel, lisible ou non. Sa pratique de la fresco murale, à partir d’enduit à la chaux peint, s’inscrit dans une archéologie des techniques de publicité des discours dominants dans la sphère publique.

    Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions en France : à Kommet (Lyon) en 2019, à La Serre (Saint-Etienne) en 2022 et à La Tôlerie (Clermont-Ferrand) en 2023, puis au CAC Brétigny en 2025 où elle fut en résidence. Cette même année, elle est en résidence à la Villa Belleville.

    En 2026, elle est exposée en duo avec l’artiste Audrey à la galerie Jean Collet à Vitry-sur-Seine sur invitation du curateur Thomas Lemire. Elle anime régulièrement des ateliers de pratiques artistiques auprès de publics autour de sa pratique et ses recherches.

Partenariats

La résidence est mise en place grâce au soutien de la Ville d’Ivry-sur-Seine et de la DRAC Île-de-France.

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