Le Crédac

Recall

Exposition collective

Artistes : Pierre Bismuth, Nina Childress, Claude Closky, Pierre Huyghe, M/M, Xavier Veilhan

Exposition à la Manufacture des Œillets, Ivry-sur-Seine, à l’invitation de Patrick Raynaud.

Pour recall, le dictionnaire donne comme traduction : « capacité de se souvenir de tous les détails de quelque chose ». Ce titre évoquera sans doute à certains le fameux film Total Recall de Paul Verhoeven (1990) adapté du roman d’anticipation Souvenirs à vendre (We Can Remember It for You Wholesale) de Philip K.Dick, paru en 1966. Se souvenir certes, mais dans une relation très forte à l’avenir.
Au début des années 1980, Pierre Bismuth, Nina Childress, Claude Closky, Pierre Huyghe, M/M, Xavier Veilhan, entrent aux « arts décos », l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (EnsAD).
Certains d’entre eux, Claude Closky et Pierre Huyghe par exemple, ont décidé d’y venir ensemble. Il se sont encouragés. D’autres s’y rencontrent comme Bismuth, Huyghe, Veilhan, et ce que la critique de l’époque nomme « B.H.V » se retrouvent et font des expositions. Et des catalogues.
Claude Closky, Nina Childress, Pierre Huyghe participent à l’aventure des frères Ripoulin, peintres-taggeurs en herbe. Ils créent l’événement à New York ou à Paris où ils font la couverture du quotidien Libération. C’est une première victoire. Stratégiquement l’action a lieu un jeudi, et Jean-Louis Pradel prend la balle au rebond et porte un écho dans le journal éponyme L’Evénement du Jeudi. Ils sont étudiants, jeunes artistes. Le marché de l’art est en grande forme.
Puis ils sortent assez vite des arts décos. Xavier Veilhan part à Berlin. Pierre Bismuth le rejoint un peu plus tard. Mathias Augustyniak, un des M, de M/M part à Londres au Royal College of Art. Les liens sont tissés.
Voici donc en quelques mots, le prétexte de cette exposition, réunion inédite, puisqu’ils n’ont jamais tous exposé ensemble.
À l’invitation de Patrick Raynaud, directeur de l’EnsAD de 2002 à 2008, cet événement a lieu à la grande halle de la Manufacture des Œillets à Ivry, qui a hébergé la section scénographie de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs des années 1990 aux années 2000.
Dans les 1000 m2 de ce splendide espace industriel, sont présentées des œuvres anciennes et récentes de ces artistes. L’exposition tente d’exposer leurs influences réciproques, traversées peut-être même brièvement par une pensée « d’école »… Ils n’en sont pas sortis « majors » et l’ont parfois quittée, mais l’histoire contemporaine des arts visuels les a finalement désignés comme tels.
Oui, il s’agit bien de personnalités artistiques majeures de la création en France depuis les années 1990. Certes, ils ne sont pas les seuls, mais ils ont considérablement modifié le paysage de l’art contemporain, par la singularité de leurs pensées, de leurs démarches, de la diversité des médiums qu’ils utilisent.
En effet, le lien qui les réunit est également celui-ci : volume, images en mouvement, dessin, photographie, peinture, son, art graphique, scénographie, format publicitaire… Autant de supports et de formats qu’ils ont tous explorés. Dans une « sensibilité » et une pensée proches.

Claire Le Restif

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