Le Crédac

Cycle Mano Manca

Pedro Barateiro

À l’occasion de l’exposition « Mano Manca », le Crédakino, espace dédié au cinéma et à la vidéo au sein du Crédac, présente, tous les mois, un film de Pedro Barateiro.

• 13 septembre – 13 octobre
Love Song, 2024. Vidéo couleur, 30 min, en boucle.

Œuvre consacrée au passage à l’âge adulte dans un monde dominé par la technologie et à la construction du genre et de la sexualité en tant qu’individu au sein de la société occidentale, Love Song est un film qui explore des récits autobiographiques à travers l’autofiction, le documentaire et l’essai. Il s’articule autour de la construction de la masculinité et de ses implications dans des réalités et des récits fictifs, imprégnés de contenus explicites et d’échanges médiatisés.

Love Song a été tourné entre Munich et Dubaï, reliant deux points dans l’espace : le tableau Der Arme Poet (1839) de Carl Spitzweg, issu de la collection de la Neue Pinakothek de Munich, et réalisé à l’apogée du romantisme allemand, et le lac artificiel Love Lake, situé dans le désert de Dubaï. Le tableau et le lac servent tous deux à explorer les liens entre le romantisme et le capitalisme, ainsi que les systèmes binaires qu’ils ont entretenus, nourris par les discours patriarcaux et la religion, afin de remettre en question les modes de production et les changements engendrés au sein des sociétés occidentales.

• 14 octobre – 13 novembre
Monologue pour un Monstre, 2022. Vidéo couleur, 7 min 42 s, en boucle.

Dans ce film, un personnage s’adresse au spectateur sur un ton personnel et intime, dévoilant la transformation qu’il est en train de vivre. Le monstre, qui se revendique d’une identité non binaire, explique comment les informations qu’il recueille et gère finissent par transformer de manière indélébile son identité et sa relation au monde.

Pedro Barateiro s’intéresse à la construction de l’individu à travers une subjectivité élargie dans le cadre du capitalisme néolibéral. La culture de l’entrepreneuriat qui alimente l’idée selon laquelle l’individu est seul responsable de tracer son chemin, en luttant contre tout et tout le monde. Dans ce système, la communauté se caractérise davantage par l’antagonisme et le conflit que par l’union ou la solidarité. L’amélioration (intérieure et extérieure) du corps humain et de ses technologies témoigne du besoin des agents humains de se sentir plus forts, plus efficaces et plus productifs, alimentant ainsi un système de concurrence qui profite à la production abstraite du capital.

• 14 novembre – 13 décembre
My body, this paper, this fire, 2020. Vidéo couleur, 17 min, en boucle. Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA.

Le film Mon corps, ce papier, ce feu s’inspire d’un événement - la manifestation étudiante du 24 novembre 1994 devant le Parlement portugais à Lisbonne, contre les frais d’inscription à l’université - comme point de départ d’un récit qui aborde le rôle de l’individu et du collectif. L’œuvre met l’accent sur l’idée du toucher et de la bienveillance entre les personnes comme moyen de guider les spectateurs à travers d’éventuels scénarios dystopiques. Événement marquant de l’histoire récente du Portugal, cette manifestation fut l’une des plus violentes depuis la chute du régime fasciste en 1974.

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