Crédachttps://credac.frSun, 20 Sep 2020 00:00:00 +0200Lire les dernières actualités du CrédacLa vie des tableshttps://credac.fr/artistique/la-vie-des-tableshttps://credac.fr/artistique/la-vie-des-tablesSun, 20 Sep 2020 00:00:00 +0200

Les idées naissent souvent d’une marche, d’une nage dans l’eau claire des lacs, en mangeant une tartine de confiture, pendant une insomnie, en jouant au Memory, en lisant des textes inspirés où se développent des idées nouvelles solidement charpentées. Lorsqu’elles apparaissent, il faut les pincer suffisamment fort pour les retenir jusqu’à la table de travail. Qu’elles soient de cuisine, d’atelier ou de bureau, les tables incarnent l’endroit où les intuitions prennent forme.

L’envie d’inviter des artistes à exposer des œuvres pensées pour autant de plateaux a germé il y a quelques temps déjà. Elle prolonge la lecture des textes de Lucy R. Lippard [^Lucy Lippard, Get the message? A decade for Social Change, NY, Ed.Dutton, 1984.], où l’écrivaine et historienne de l’art américaine, activiste et féministe, fait le constat que les artistes, notamment femmes, bénéficient trop peu d’espaces physiques nécessaires à leur création et sont amenées à devoir travailler dans des espaces domestiques et principalement sur leur table de cuisine. Cette idée s’est également nourrie d’une œuvre de Hugues Reip intitulée 0,25 (1990 – 91) [^Présentée lors de l’exposition personnelle de Hugues Reip, L’Évasion, au Centre d’art contemporain d’Ivry — le Crédac en 2018.], composée d’une série de 25 minuscules sculptures réalisées spontanément à partir de mie de pains, de gomme, de trombones, de clous, présentée au public sur une table de cuisine en formica, icône domestique des années 1950.

Cette exposition nous semble nécessaire après ce printemps privé de convivialité, d’échanges et de proximité. Elle a valeur de projet de résistance et d’attention portée aux pratiques artistiques intimes et domestiques. Ce moment de repli sur soi a conduit les créateurs à retrouver des pratiques artistiques modestes et bricolées, quand pour d’autres il s’agit bien d’une pratique régulière. Se concentrant sur la relation que les artistes entretiennent avec leurs « tables de travail  » — refuge, terrain de jeu ou passage obligé — nous invitons les artistes à nous envoyer leurs propositions comme on envoie une lettre. Elles peuvent avoir été pensées pendant la période récente de confinement ou en réponse à cette invitation, elles peuvent être spontanées, modestes, construites ou sophistiquées.

La vie des tables s’adapte aussi à la réalité. Ce projet s’accommode des contraintes liées aux distances et il actualise par jeu et par nécessité le mail art, né en 1962 avec la création par Ray Johnson de la New York Correspondance School of Art. Comme son nom le suggère, le mail art se diffusait principalement par voie postale et de manière spontanée. Ce « mouvement » a annoncé la notion d’attitude comme objet, idée fondatrice de l’art contemporain des années 1970 et qui reste aujourd’hui un enjeu valide.

Les œuvres envoyées par les artistes sont exposées au Crédac sur une multitude de tables glanées en pensant à chacun d’entre eux : de cuisine, de travail, en Formica, en bois, en contreplaqué, peinte ou à l’état brut, carrée, rectangulaire ou circulaire. De formes simples, ces tables sont autant d’îlots qui cohabitent et forment un archipel, composant un paysage évocateur du travail de la pensée et de l’intimité, de la maquette, de l’esquisse ou de la forme aboutie.

Jardin d’hiverhttps://credac.fr/artistique/jardin-d-hiverhttps://credac.fr/artistique/jardin-d-hiverFri, 24 Jan 2020 00:00:00 +0100

L’exposition du Crédac intitulée Jardin d’hiver fait suite à Sudden Spring et Predicted Autumn.[^Au Bildmuseet, Université d’Umeå, Suède (2018) puis au Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne, Château de Rochechouart (2018).] Un programme que l’artiste poursuit au rythme des saisons. Jochen Lempert y conçoit un dispositif de vitrines à la manière de cabinets botaniques enfermant des compositions de photographies déclinant le motif végétal, comme les empreintes d’une nature suspendue à la promesse de renouvellement. Une Ipomoea tricolor (morning glory en anglais), un détail du Printemps de Botticelli, l’imprimé floral d’une chemise en coton, sont des éléments qui forment un récit visuel par le jeu de libres associations conceptuelles ou formelles opérées par l’artiste.

Les tirages argentiques, invariablement en noir et blanc sur papier baryté mat, sont sélectionnés au sein d’un large corpus de photographies prises quotidiennement sur le vif et révelées dans son propre laboratoire. Le format de chaque photographie est déterminé par rapport à son environnement : son contexte d’apparition, une vitrine ou un mur d’exposition, et l’ensemble d’images dans lequel il s’inscrit.
Né en Allemagne en 1958, Jochen Lempert est biologiste de formation. Parallèlement à ses activités universitaires, il produit avec le collectif Schmelzdahin (1979–1989) des films en Super 8 basés sur des effets de décomposition bactériologique et d’altérations chimiques des pellicules.
Sa pratique de la photographie a conservé une dimension expérimentale et documentaire issue de ses études du vivant.

Simon Boudvinhttps://credac.fr/residences/simon-boudvinhttps://credac.fr/residences/simon-boudvinSat, 30 Nov 2019 00:00:00 +0100

L’artiste Simon Boudvin participe à la première résidence de recherche à la Manufacture des Œillets pour une durée de 10 mois. Depuis son atelier, l’artiste a engagé un travail photographique sur la ville, croisant son intérêt pour l’architecture et l’écologie urbaine, dans l’esprit de celui mené depuis 2011 à Bagnolet et Montreuil avec la cartographie du développement d’une population d’ailantes. Débutée en novembre 2019, sa résidence prend la forme d’une enquête photographique dans les cités de l’Office Public de l’Habitat (OPH) d’Ivry, leurs espaces de rencontres, de convivialités, d’associations, entre les cellules domestiques et l’espace public. Le travail de l’artiste s’appuie sur des rencontres avec les acteurs du territoire et des explorations, sur place et dans les plans, pour dénicher et représenter ces espaces. Du temps de l’exploration dans les quartiers d’Ivry au temps de l’atelier consacré à l’édition d’images, à la réflexion et aux rencontres publiques, cette résidence est l’occasion de partager le regard de Simon Boudvin sur la ville.

Carte Blanche à Frédéric Bonnethttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-frederic-bonnethttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-frederic-bonnetWed, 30 Oct 2019 00:00:00 +0100

À l’occasion de J’aime les rose pâle et les femmes ingrates, une exposition collective de l’artiste Sarah Tritz pensée comme un dialogue entre ses productions récentes et des oeuvres qui nourrissent sa réflexion, l’artiste donne carte blanche à Frédéric Bonnet pour proposer un programme vidéo en écho à son exposition.

Carte Blanche à François Aubarthttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-francois-aubarthttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-francois-aubartFri, 13 Sep 2019 00:00:00 +0200

À l’occasion de J’aime les rose pâle et les femmes ingrates, une exposition collective de l’artiste Sarah Tritz pensée comme un dialogue entre ses productions récentes et des œuvres qui nourrissent sa réflexion, l’artiste donne carte blanche à François Aubart pour proposer un programme vidéo en écho à son exposition.Dans les années 1990, Ellen Cantor (1961-2013), qui cherche à transcrire les émotions engendrées par la vie affective, est confrontée à une question : comment exprimer sincèrement les sentiments sans verser dans les clichés ?

Elle y trouve une réponse en manipulant les images stéréotypées produites par les industries du divertissement. Dans Within Heaven and Hell (1996), la voix-off de Cantor raconte son histoire d’amour avec un homme, l’exaltation de leur rencontre et la violence de leurs déchirures. Elle est accompagnée de scènes de la comédie La Mélodie du bonheur (1965) et du film d’horreur Massacre à la tronçonneuse (1974). Pour raconter la façon dont une relation est vécue, Cantor utilise des images produites pour provoquer l’allégresse ou la frayeur.
Pour réaliser Madame Bovary’s Revenge (The Lovers) (1995), elle utilise des scènes du film Les Amants (1958). Ce film qui narre la vie d’une femme quittant l’ennui de sa vie partagée entre son mari et son amant lorsqu’elle rencontre un troisième homme, use d’ellipses pour évoquer l’acte sexuel. Cantor les complète d’extraits du film pornographique Behind the Green Door (1972). L’artiste détourne ainsi les tropes de la pornographie pour raconter une histoire d’amour.
C’est mue par une même réflexion, nourrie de féminisme, sur la façon de montrer l’acte sexuel en cherchant une alternative aux représentations stéréotypées, violentes et dégradantes, de la pornographie, qu’elle réalise Club Vanessa (The London Tape) (1996). Dans cette vidéo, Cantor explique qu’elle rêve d’un monde futur dans lequel toute personne pourrait avoir plusieurs partenaires sans que cela n’engendre de jalousie. Elle raconte ensuite plusieurs histoires personnelles : une partenaire qui, lors d’un rendez-vous a invité un homme ; son amie Vanessa qui aimerait avoir un petit ami à qui Cantor répond qu’elle est un garçon. Ces propos, face caméra, sont accompagnés d’autres scènes, qui montrent Cantor faisant l’amour avec une femme puis avec un homme. Ses histoires et ses expériences personnelles, à priori réalistes, sont mêlées à des images extraites de films et sont parfois montrées diffusées sur une télévision, troublant ainsi la distinction entre vie réelle et représentation. Cantor trouve ainsi un moyen pour exprimer autant ses pensées sur l’amour, que les émotions engendrées par ses rencontres, et le fait de faire l’amour.

François Aubart

J’aime le rôse pâle et les femmes ingrateshttps://credac.fr/artistique/j-aime-le-rose-pale-et-les-femmes-ingrateshttps://credac.fr/artistique/j-aime-le-rose-pale-et-les-femmes-ingratesFri, 13 Sep 2019 00:00:00 +0200

« Vous savez que c’est ce qui se passe continuellement : on juge que c’est laid — c’est ainsi qu’on me juge depuis vingt ans. Et on a parfaitement raison, parce que c’est laid. Pour ma part, je pense que c’est beaucoup plus intéressant quand cela paraît laid, parce qu’on y voit l’élément de la lutte. »[^Gertrude Stein, « Comment l’écrit s’écrit » in Lectures en Amérique (1935), Paris, Christian Bourgois, Coll. Titres, 2011, p. 211.]


Sarah Tritz imagine une exposition personnelle avec les œuvres de 29 artistes invité.e.s. Ses nouvelles productions dialoguent avec un parcours d’œuvres éclectique et transgénérationnel ayant pour fil conducteur le corps comme contenant, telle une boîte dont le langage serait l’un des principaux outils.

L’exposition relie ce qu’il est commun de percevoir comme deux formes de plaisirs distincts, alliés et inséparables : celui proprement érotique (le glamour) et le plaisir cognitif (la grammaire).

Elle regroupe ainsi des artistes dont les œuvres nous interpellent sans pudeur avec une physicalité indéniable tels Me Princess de Liz Craft ou encore le double autoportrait Gehirstroeme [Courants du cerveau] de Maria Lassnig, qui n’aura cessé de faire d’elle-même son sujet en évitant toute complaisance. Nombre de ces artistes ose incarner des pensées névrotiques, et démontre une réciprocité entre l’attitude de l’artiste au travail et ce qu’illustrent leurs œuvres.

Une sélection d’œuvres d’art brut donne à voir la construction d’un cheminement mental. Ces dessins, à vertu cathartique, sont caractérisés par l’écriture, la symétrie, la clarté du contour des formes figurées. Ces motifs sont traités comme autant de données conceptuelles qui attestent de la force du langage, aussi insaisissable soit-il.

Des œuvres présentées dans l’exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité de certains visiteurs, notamment du jeune public.

Traversées collectiveshttps://credac.fr/residences/nour-awadahttps://credac.fr/residences/nour-awadaSun, 01 Sep 2019 00:00:00 +0200

Avec le soutien de la région Île-de-France et en écho aux recherches développées par Nour Awada au sein du Laboratoire des Arts de la Performance (le LAP), le Crédac s’associe au lycée Fernand Léger d’Ivry-sur-Seine pour imaginer avec les élèves une résidence sur la thématique de la transmission. Durant l’année scolaire, l’artiste et les élèves travaillent à la réalisation d’une performance et développent un processus de documentation à travers l’écriture et la photographie, ce qui donnera lieu à une publication à la fin de l’année 2020.

24 heures à Hanoïhttps://credac.fr/artistique/24-heures-a-hanoihttps://credac.fr/artistique/24-heures-a-hanoiFri, 19 Apr 2019 00:00:00 +0200

Le passé, parfois, n’arrive plus à s’immiscer dans le présent mais au contraire, à Hanoï, la sphère du temps semble s’être détournée en une courbe imparfaite, à l’image de la géographie sinueuse et moite du pays. Ainsi, passé et présent s’affrontent dans un incessant va-et-vient perdant. Aucun avenir n’émerge à l’horizon. Est-ce rêve ? Est-ce veille ? Ces 24 heures seront le théâtre de réapparitions, des âmes se rappelleront à notre existence présente, des tortues réciteront des vers alors que nous resterons prisonniers de la discorde d’un pays aujourd’hui figé dans les paradoxes de son passé. Mais ce cul-de-sac, scellé des siècles auparavant à l’histoire du Vietnam, à l’instant même où il perdit sa langue originelle, ne pourrait-il finalement trouver une issue dans le regard enchanté d’une étrangère ? »

— Extrait de la narration du film 24 heures à Hanoï.

Thu Van Tran, née en 1979 à Hô-Chi-Minh-Ville, se nourrit de sa propre expérience de femme vietnamienne vivant en France pour explorer la question du déplacement, physique et culturel, notamment au travers d’épisodes de l’histoire coloniale. L’expérience personnelle s’inscrit ici, sous l’égide d’un parcours initiatique, dans la réalité d’un contexte politique. Avec 24 heures à Hanoï, elle conçoit une proposition inédite animée par l’esprit des 82 tortues sages, gardiennes de l’héritage savant et poétique du Vietnam, qui reposent dans l’enceinte du Temple de la Littérature à Hanoï. L’artiste restitue la présence de ces tortues par une installation de sculptures en cire. À ces présences muettes répondent un film essayiste en 16 mm et une fresque percée d’éclats qui scandent l’exposition de récits et de poésie. Il s’agit, comme pour l’ensemble de son travail, d’introduire l’expérience esthétique comme modalité d’une relecture possible de l’histoire ; l’émerveillement comme contrepoint à la violence.

D’un sud-est à un autre sud-esthttps://credac.fr/artistique/d-un-sud-est-a-un-autre-sud-esthttps://credac.fr/artistique/d-un-sud-est-a-un-autre-sud-estFri, 19 Apr 2019 00:00:00 +0200

Dans le cadre de son exposition personnelle 24 heures à Hanoï, l’artiste Thu Van Tran a été invitée à concevoir une programmation spécifique. Elle a convié 4 artistes vidéastes vietnamiens, et un artiste grec au sein d’un programme intitulé D’un sud-est vers un autre sud-est.

Des attentionshttps://credac.fr/artistique/des-attentionshttps://credac.fr/artistique/des-attentionsFri, 18 Jan 2019 00:00:00 +0100

Bien avant que notre environnement médiatique ne mute en cosmos numérique, Walter Benjamin constatait déjà la généralisation d’une « réception par la distraction », signalant « d’importantes mutations de la perception ». Sur internet, c’est encore l’icône d’une petite main, gantée de blanc, qui signale le survol de liens hypertextes, activables par la pression d’un clic, tandis que parallèlement, nos doigts pistent directement sur écran tactile des traques tour à tour inspirées et désoeuvrées. Des frayages multiples — captifs ou émancipés — qui dessinent des cheminements mus par l’intérêt, la curiosité, l’étonnement ou le délire associatif.

Dans l’esprit d’une « écologie de l’attention » définie par Yves Citton en 2014, l’exposition des attentions s’interroge : « que laissons-nous passer (ou pas) à travers nous » au sein de l’environnement numérisé dans lequel nous évoluons ? Les dix artistes rassemblés pour cette exposition mobilisent une attention fluctuante et vagabonde, affranchie d’un déterminisme technologique comme d’une standardisation monnayable. Plutôt qu’un état d’alerte permanent exigeant d’être immédiatement réceptif et réactif, ils esquissent une veille furtive et modulable, rêveuse et frondeuse ; sourde aux chants des sirènes, mais attentive au contexte, à l’entourage, à l’environnement. Loin des impératifs de performance dictés par une logique quantificatrice, leurs œuvres embrassent une « distraction émancipatrice », une attention flottante capable de faire ses propres mises au point.

Dans le clair obscur du languagehttps://credac.fr/editions/dans-le-clair-obscur-du-languagehttps://credac.fr/editions/dans-le-clair-obscur-du-languageTue, 01 Jan 2019 00:00:00 +0100

Le travail de Thu Van Tran incorpore un large éventail de pratiques : sculpture, écriture, cinéma et installations. À partir de son regard migrant, elle explore les pièges de la mondialisation, embrassant le langage et la matière dans un processus créatif commun. Le Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac consacre pour la première fois une exposition personnelle à Thu Van Tran, après avoir collaboré par deux fois avec elle lors d’expositions collectives ; « Expériences Insulaires » en 2006, et « L’Homme de Vitruve » en 2012.

Sculptrice, Thu Van Tran a réalisé des œuvres monumentales (un bateau perché en haut d’un immeuble postmoderne fait par Ricardo Bofill à Noisy-le-Grand, un arc-boutant à la maison rouge à Paris) avec des matériaux modestes : bois, papier, cire, etc. Mais la matière première de ses œuvres est l’une des plus évanescentes, la fiction. Les récits auxquels Thu Van Tran donne une forme tangible sont d’inspiration postcoloniale et ses œuvres sont liées à l’histoire entrelacée du Vietnam et de la France.

Pour une esthétique de l’émancipationhttps://credac.fr/editions/pour-une-esthetique-de-l-emancipationhttps://credac.fr/editions/pour-une-esthetique-de-l-emancipationTue, 01 Jan 2019 00:00:00 +0100

Loin de relire l’histoire de l’art en lui appliquant de façon anachronique le terme « queer », utilisé positivement dans les milieux militants depuis la fin des années 1980, Pour une esthétique de l’émancipation cherche à montrer comment l’écriture de l’Histoire de l’art a minoré l’importance des engagements politiques et affectifs des artistes et rendu inopérante la portée sociale de leurs oeuvres. En imaginant des amitiés inédites entre des artistes du passé, Isabelle Alfonsi fait émerger une lignée féministe et queer pour l’art contemporain. Des pratiques artistiques du XXe siècle sont ainsi replacées dans le contexte du militantisme de défense des droits des homosexuel.le.s et de la formation d’une critique radicale féministe et anticapitaliste. Claude Cahun et Michel Journiac croisent l’histoire du minimalisme états-unien, vu à travers Lynda Benglis, Lucy Lippard ou Yvonne Rainer. Les guerres de représentation menées pendant la crise du sida sont lues au prisme des oeuvres de Felix Gonzalez-Torres, du concept de désidentification de José E. Muñoz et de l’activisme culturel du groupe Boy/ Girl with Arms Akimbo, dans le San Francisco des années 1980.

Le texte est accompagné de nombreuses illustrations parmi lesquelles figureront les reproductions d’œuvres de Michel Journiac, Claude Cahun, Marcel Moore, Lynda Benglis, Lucy Lippard, Robert Morris, Felix Gonzalez-Torres, ou encore Akimbo. Autant d’images dont la circulation a parfois été compromise par la prédominance d’une vision patriarcale et hétéronormée de l’histoire de l’art.

Reflexologieshttps://credac.fr/editions/reflexologieshttps://credac.fr/editions/reflexologiesTue, 01 Jan 2019 00:00:00 +0100

Le matériau et ses qualités intrinsèques sont au coeur du lexique sculptural de Nina Canell (née en 1979, Suède). L’artiste pointe la plasticité des transferts - d’énergie, de matière, de données, de pensées - qui nous environnent et nous relient, utilisant l’espace d’exposition comme un champ de correspondances. Ses oeuvres résultent de la mise en présence de matériaux concrets et de forces immatérielles autorisant l’émergence de relations fluctuantes et innatendues.

Pour les pieuvres, les singes et les Hommeshttps://credac.fr/artistique/pour-les-pieuvres-les-singes-et-les-hommeshttps://credac.fr/artistique/pour-les-pieuvres-les-singes-et-les-hommesFri, 14 Sep 2018 00:00:00 +0200

La pensée de John Cage a profondément influencé et bouleversé toute une génération d’artistes et a participé à définir l’art conceptuel. Nous avions présenté dans l’exposition tout le monde en 2015, une oeuvre de William Anastasi intitulée Sink (1963-2010). Cette oeuvre, une plaque d’acier carrée de 50 cm de côté et de 2 cm d’épaisseur, avait été offerte par Anastasi à John Cage pour son anniversaire, avec pour protocole de mettre de l’eau sur sa surface tous les jours jusqu’à sa mort. Progressivement, la rouille altère et érode la plaque d’acier.

Introduire le vivant dans l’art est une manière d’ancrer la création dans le monde réel qui n’est « pas un objet ». L’œuvre de Shimabuku débute dans les années 1990 et se situe après les travaux de Joseph Beuys ou Jannis Kounellis, qui en Europe, introduisaient dans les années 1960-1970 l’animal vivant dans l’art, ou Ágnes Dénes, sur le continent américain, qui plaçait au centre de ses actions, la sauvegarde de l’environnement, ou encore Robert Smithson, préoccupé par l’idée d’entropie et de désordre croissant.

Découvrir le sens qui circule parmi les choses, entre ce qui les compose et ce qu’elles composent, en nous, hors de nous, avec ou sans nous […] [^Tristan Garcia, Forme et Objet. Un traité des choses, PUF, Paris, 2010.] C’est ce à quoi nous invite Shimabuku, qui, en choisissant l’imprévisible quant à la forme définitive que prendra son oeuvre, définit comme prioritaire le processus par rapport au résultat formel. Méticuleusement réalisées et documentées, ses oeuvres-sculptures, écrits et photographies, vidéos et performances, articulés ensemble ou séparément donnent à lire et à voir les modalités de leur conception et révèlent la part importante laissée au hasard.

Les oeuvres produites par Shimabuku reposent sur une attention profonde à son environnement, au Japon où il vit et travaille, mais aussi aux différents contextes dans lesquels il est invité à exposer.

Les gestes de Shimabuku sont positifs. Ce sont des gestes de soin, de don, et parfois même de reconstruction, qui ne sont pas sans évoquer le kintsugi, une technique traditionnelle japonaise connue depuis le 15e siècle, qui consiste à restaurer les céramiques ou les porcelaines avec de l’or ou de l’argent. Ces cicatrices viennent ainsi sublimer les accidents qui ont ponctué la vie des objets. Dans la grande salle, à travers une action qu’il a réalisée sur la côte japonaise, Shimabuku redresse le paysage après qu’il ait été dévasté. Il met en regard le film de cette action, Erect (Ériger) avec des fragments de deux maisons détruites en juillet dans la cité Gagarine à Ivry-sur-Seine. Là où Upside Down Tree (1969) de Robert Smithson était un geste transcendental (qui consistait à replanter un arbre dans le sol avec les racines vers le ciel), Shimabuku met en place la possibilité d’une seconde vie.L’inquiétude face aux changements climatiques, la nécessaire prise de conscience face à la nature, nous rappellent la fragilité des écosystèmes. Aussi la question du vivant et de l’animisme est-elle aujourd’hui centrale et trouve régulièrement sa place au coeur du projet du Crédac. Mathieu Mercier avait réalisé en 2012 Sans titre (couple d’axolotls), une sorte de diorama, à la croisée du vivarium et de l’aquarium, qui posait la question de l’évolution des espèces ; en 2015 nous avons invité Michel Blazy à placer sa Collection d’avocatiers (débutée en 1997) dans l’exposition collective tout le monde. En 2017, Nina Canell introduisait des limaces au coeur d’une de ses installations, des armoires électriques « désarmées », de son exposition personnelle.

Shimabuku est, depuis plus de vingt ans, un des plus fameux parmi cette génération d’artistes intéressés par le vivant et l’animisme. Pour lui comme pour Pierre Huyghe, Tomas Saraceno ou encore Nina Canell l’espace d’exposition s’est transformé en un refuge pour un nouvel écosystème d’organismes en présence.

L’Évasionhttps://credac.fr/artistique/l-evasionhttps://credac.fr/artistique/l-evasionFri, 20 Apr 2018 00:00:00 +0200

Sculpteur, dessinateur, musicien, vidéaste, photographe, Hugues Reip (né en 1964) s’inspire librement des œuvres d’anticipation du début du XXe siècle, des prémices du cinéma d’animation comme de l’histoire de l’illustration scientifique. Il s’est autant nourri d’un certain rock underground des années 1990 que de l’infinie variété de la faune et flore terrestre et sous-marine.

Le spectateur du travail de Hugues Reip voyage dans un paysage où la perception et l’illusion sont deux grandes expériences. Chez lui, chaque rocher, chaque arbre, chaque objet semble dissimuler une divinité fantastique, dans une forme de syncrétisme surréaliste. Hugues Reip est jardinier du surnaturel.


Dans son exposition intitulée l’Évasion, qui combine œuvres-clefs et nouvelles productions, nous assistons au rêve du papillon qui butine des nuages de poussière. En effet Black Sheeps (2014) est un ensemble de cinq mécanismes tournoyants. Sortes de planètes de poussière, elles font leur révolution dans la grande salle du Crédac. Plus loin nous assistons à la création d’un îlot fantaisiste où est planté un arbre sur lequel pendillent fleurs et plantes immortelles. The Eyeland (2018) est une île colorée surplombée d’un oeil qui surveille, évoquant Odilon Redon ou nous rappelant le ballon gardien de la série mythique Le Prisonnier (1967) dans laquelle aucune évasion n’est possible. Jouant comme toujours d’artifice, Hugues Reip place dans ses mondes sans gravité, des cailloux tantôt minuscules tantôt surdimensionnés, des créatures abyssales qui croisent des allumettes, et superpose la réalité à l’illusion à travers une image en trompe-l’oeil du paysage extérieur dans Windowblow (2018).

À travers la série Noirs desseins (2012–2016), on reconnaît le goût de l’artiste pour l’histoire de l’illustration scientifique de Lucien Rudaux (astronome, 1874–1947), Ernest Haeckel (biologiste, 1834–1919) ou bien encore du trucage cinématographique de Ray Harryhausen (1920–2013) et, à travers Mushbook (2008), sa lecture de l’œuvre hallucinée de la Beat Generation. Nova Express (1964 ; première édition française, Christian Bourgois : 1970) est le titre du livre qui compose la pièce mais est également le nom du premier groupe de rock de Hugues Reip.

Il affiche ses références, à la fois à Joseph Cornell (1903–1972) à travers un diorama où il joue de techniques surréalistes, de juxtaposition d’éléments fantastiques et oniriques et à Öyvind Fahlström (1928–1976) pour l’assemblage et le collage dans une forme de création poétique. Considérée comme sa première œuvre 0,25 (1990–1991) se compose de petites sculptures comme pourraient l’être des dessins spontanés. Tout son vocabulaire est déjà là, celui sur lequel plane l’esthétique de l’artiste H. C. Westermann (1922–1981) où viennent s’agréger le Surréalisme, l’esprit Dada et le Folk Art. Passés par le prisme du macro-microscopique, il se niche dans ses univers la réalité patiente du travail, les collections compulsives de petits objets trouvés ou bricolés, les mystères de l’atelier.

L’Iguanehttps://credac.fr/artistique/l-iguanehttps://credac.fr/artistique/l-iguaneSat, 20 Jan 2018 00:00:00 +0100

Les visiteurs fidèles du Crédac se souviendront de la présence de Louise Hervé & Clovis Maillet dans l’exposition collective L’Homme de Vitruve, en 2012. Il s’agissait de notre première collaboration lors de laquelle le duo présentait une sélection d’objets ayant appartenu à Maurice Thorez (dirigeant du Parti Communiste Français de 1930 à 1964, député d’Ivry) et conservés aux Archives municipales d’Ivry. Celui qui titra son autobiographie Fils du Peuple et revendiquait le livre comme outil d’émancipation, devenait le point de départ d’une nouvelle de science-fiction, L’un de nous doit disparaître, et d’une performance, produites par le Crédac à cette occasion.

Notre intérêt pour leur travail n’a pas faibli et nous avons suivi avec attention le développement de leurs recherches. Cette invitation a pour postulat la mise en place d’une exposition à caractère anthologique, pour souligner la richesse du processus de travail. Louise Hervé & Clovis Maillet nous présentent un volet de leur dernier projet tout en revisitant une sélection de leurs productions antérieures, repensées dans des nouveaux dispositifs de monstration, pour les donner à voir sous un nouveau regard. Elle et il ont souhaité articuler l’exposition en deux actes, La Salle sans nom et Rien n’est dit, composés d’un programme rétrospectif de moyens métrages au sein du Crédakino, et de performances pour lesquelles des temps sont dédiés sur toute la durée de l’exposition.

L’Iguane est l’exposition d’une méthode. Est-ce parce l’une est diplômée de l’école d’art de Cergy, et l’autre d’un doctorat en anthropologie historique à l’EHESS que leur travail est conçu de manière singulière ? Elle et il explorent des épisodes historiques, tels l’enseignement pythagoricien, les fêtes et chants fraternels des Saint- Simoniens ou la pratique du jiu-jitsu par les suffragettes, pour y puiser des points de réflexions sur les modes de transmission du savoir et les moteurs de révolution sociale. Par ces éléments propices à la reconstitution, à travers lesquels se mêlent récits historiques et fictionnels, se dessine une généalogie de leur propre pratique autant qu’un questionnement du présent.

La scénographie imaginée pour l’exposition rappelle leur « intérêt raisonnable pour le diorama »[^« Un intérêt raisonnable pour le diorama », épisode 2, in Louise Hervé et Clovis Maillet, Attraction Étrange, 2013] et les dispositifs illusionnistes, animés de projections et d’images synchronisés. Les éléments de mise en scène déployés évoquent le théâtre, dans une conception où acteur et spectateur partageraient le même espace, et le mystère, par des références à la magie ou à l’initiation ésotérique. Les deux artistes laissent néanmoins le revers du décor apparent et réservent des zones dérobées ouvrant sur le paysage.

Dans un espace aux allures muséales, Louise Hervé & Clovis Maillet présentent une collection imaginaire d’œuvres du début du XXe siècle à nos jours, que Fleury-Joseph Crépin, Madge Gill, Alexandro Garcia ou encore Augustin Lesage auraient exécutées sous la conduite d’esprits et d’entités extraterrestres leur prodiguant visions ou conseils techniques. Le duo d’artistes s’essaie aussi à l’expérience en produisant des fac-similés, guidé par les « esprits » bienveillants de leur entourage. Il s’agit-là d’un volet de leur dernier projet développé dans le nord de la France et en Belgique. Elle et il y tissent des liens entre l’architecture fouriériste, l’art spirite et une rencontre insolite avec un iguane, qui donne son titre — pour le moins énigmatique — tant à l’exposition qu’au film en cours de tournage au moment de son ouverture, dont est présenté ici un premier extrait de trois minutes.

Une fenêtre ouverte dans cet espace laisse entrapercevoir une unnamed room (salle sans nom), lieu parallèle dont la porte dérobée ne peut être franchie par le public qu’aux temps de performances. Ne serait-ce pas là encore une mise en scène brouillant les frontières entre l’espace de l’illusion et les coulisses, la reconstitution scientifique et le divertissement, le savoir et le merveilleux ?


Depuis plusieurs années, Louise Hervé & Clovis Maillet évoquent l’iguane dont la relation au temps est différente de la nôtre. À travers ses yeux, la rétrospection pourrait aussi bien être ancrée dans le présent que constituer un regard porté vers l’avenir. Cet animal antédiluvien aux mouvements infimes, presque pierre, rejoint l’intérêt des artistes pour le vivant comme vestige d’un temps qui n’est pas tout à fait révolu :

« Dans un café sur le port de Dunkerque vit un iguane : il y a quelques années, nous l’avons rencontré. Nous étions logées dans l’auberge de jeunesse, entre la plage et le port, qui accueillait alors le congrès annuel de l’illusion. Nous étions les seules personnes incapables d’un tour de prestidigitation. Ce soir-là, nous avons dîné au café avec un marin. L’iguane nous a dévisagées longuement. Il bougeait peu, avec tant de lenteur que nos gestes humains en paraissaient désordonnés: l’iguane évolue dans une autre dimension, avons-nous pensé, où le temps et les perceptions sont modifiés. Peut-être vit-il pour toujours, dans l’avenir.»[^Louise Hervé & Clovis Maillet]

Claire Le Restif et Sébastien Martins
Commissaires de l’exposition

Royal Garden Xhttps://credac.fr/artistique/royal-garden-xhttps://credac.fr/artistique/royal-garden-xMon, 01 Jan 2018 00:00:00 +0100

rgx est le dixième royal garden, il devance et survit à l’exposition des attentions, dont il est une sorte de matrice indépendante, pensive et bavarde. faire de la gymnastique côté jardin, c’est expérimenter d’autres exercices de lecture, inspirés tout autant des roues à livres de la renaissance que de l’analyse machinique de contenus numérisés : lire tous les sens, dans tous les sens. se promener côté jardin, c’est aller à la rencontre des possibles fantômes et avatars des œuvres présentées dans l’exposition des attentions, et transposées ici sur le mode des évocations à degrés. consultable à toute heure du jour et de la nuit, rgx désenvoûte et révèle des associations cachées, fomentées par une équipe éditoriale masquée en rose-gradiva dix : laurence cathala (artiste), brice domingues & catherine guiral (officeabc, designers graphiques), vincent maillard (développeur), hélène meisel (com)puter-missaire).

ABC B.Ahttps://credac.fr/editions/abc-b-ahttps://credac.fr/editions/abc-b-aMon, 01 Jan 2018 00:00:00 +0100

Cette monographie est composée d’un recueil de textes et d’essais critiques prenant la forme d’un d’abécédaire. À partir de mots clés, douze critiques d’art, curateurs ou écrivains ont rédigé un texte commentant le travail de Boris Achour. L’ouvrage comprend également un ensemble iconographique offrant une vue d’ensemble des travaux de l’artiste.

INDEX 1987-2017https://credac.fr/editions/index-1987-2017-bischhttps://credac.fr/editions/index-1987-2017-bischMon, 01 Jan 2018 00:00:00 +0100

Ce livre a pour ambition de se présenter en tant qu’outil de ressource, proposant un ensemble exhaustif d’archives concernant l’histoire du Crédac. L’ouvrage, à destination d’un public d’amateurs, d’étudiants et de professionnels, se compose d’une balade iconographique qui retrace 30 ans de création, et d’un corpus de textes. Fidèle à l’histoire du Crédac qui s’est écrite au gré des projets et des personnes qui ont contribué à différents niveaux au déploiement de son activité, le livre réunit parmi ses auteurs : artistes, institutionnels, critiques d’art, commissaires d’exposition, représentant des tutelles, administrateurs.
Le Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac célèbre ses 30 ans aux côtés des artistes, critiques, administrateurs et publics qui ont été au cœur de son action en faveur de la création. Dans ce contexte, la réalisation d’un ouvrage est apparue nécessaire, permettant de convoquer la mémoire de chacun, des œuvres, des expositions, des conférences et des projets menés par les artistes en milieu scolaire. Il s’agit aussi de documenter un riche passé de création contemporaine qui a laissé une empreinte durable sur la scène artistique française et internationale.

INDEX 1987-2017https://credac.fr/editions/index-1987-2017-canessonhttps://credac.fr/editions/index-1987-2017-canessonMon, 01 Jan 2018 00:00:00 +0100

Ce livre a pour ambition de se présenter en tant qu’outil de ressource, proposant un ensemble exhaustif d’archives concernant l’histoire du Crédac. L’ouvrage, à destination d’un public d’amateurs, d’étudiants et de professionnels, se compose d’une balade iconographique qui retrace 30 ans de création, et d’un corpus de textes. Fidèle à l’histoire du Crédac qui s’est écrite au gré des projets et des personnes qui ont contribué à différents niveaux au déploiement de son activité, le livre réunit parmi ses auteurs : artistes, institutionnels, critiques d’art, commissaires d’exposition, représentant des tutelles, administrateurs.
Le Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac célèbre ses 30 ans aux côtés des artistes, critiques, administrateurs et publics qui ont été au cœur de son action en faveur de la création. Dans ce contexte, la réalisation d’un ouvrage est apparue nécessaire, permettant de convoquer la mémoire de chacun, des œuvres, des expositions, des conférences et des projets menés par les artistes en milieu scolaire. Il s’agit aussi de documenter un riche passé de création contemporaine qui a laissé une empreinte durable sur la scène artistique française et internationale.

INDEX 1987-2017https://credac.fr/editions/index-1987-2017-coindethttps://credac.fr/editions/index-1987-2017-coindetMon, 01 Jan 2018 00:00:00 +0100

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Ce livre a pour ambition de se présenter en tant qu’outil de ressource, proposant un ensemble exhaustif d’archives concernant l’histoire du Crédac. L’ouvrage, à destination d’un public d’amateurs, d’étudiants et de professionnels, se compose d’une balade iconographique qui retrace 30 ans de création, et d’un corpus de textes. Fidèle à l’histoire du Crédac qui s’est écrite au gré des projets et des personnes qui ont contribué à différents niveaux au déploiement de son activité, le livre réunit parmi ses auteurs : artistes, institutionnels, critiques d’art, commissaires d’exposition, représentant des tutelles, administrateurs.
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INDEX 1987-2017https://credac.fr/editions/index-1987-2017-kunathhttps://credac.fr/editions/index-1987-2017-kunathMon, 01 Jan 2018 00:00:00 +0100

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Ce livre a pour ambition de se présenter en tant qu’outil de ressource, proposant un ensemble exhaustif d’archives concernant l’histoire du Crédac. L’ouvrage, à destination d’un public d’amateurs, d’étudiants et de professionnels, se compose d’une balade iconographique qui retrace 30 ans de création, et d’un corpus de textes. Fidèle à l’histoire du Crédac qui s’est écrite au gré des projets et des personnes qui ont contribué à différents niveaux au déploiement de son activité, le livre réunit parmi ses auteurs : artistes, institutionnels, critiques d’art, commissaires d’exposition, représentant des tutelles, administrateurs.
Le Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac célèbre ses 30 ans aux côtés des artistes, critiques, administrateurs et publics qui ont été au cœur de son action en faveur de la création. Dans ce contexte, la réalisation d’un ouvrage est apparue nécessaire, permettant de convoquer la mémoire de chacun, des œuvres, des expositions, des conférences et des projets menés par les artistes en milieu scolaire. Il s’agit aussi de documenter un riche passé de création contemporaine qui a laissé une empreinte durable sur la scène artistique française et internationale.

Carte blanche à Stéphanie Cottinhttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-stephanie-cottinhttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-stephanie-cottinTue, 31 Oct 2017 00:00:00 +0100

C’est l’histoire d’un harpon, de la manière dont il est devenu un crayon, et avec lui, tout le reste. Arvo Leo a centré son film Fish Plane, Heart Clock (2014) sur l’artiste inuit Pudlo Pudlat (1916-1992) — en positionnant le crayon de Pudlat comme point d’appui autour duquel un contexte beaucoup plus large s’accumule.
À l’origine vivant comme chasseur sur l’île de Baffin dans l’Arctique canadien, une blessure a amené Pudlat à déménager à Kinngait, une hameau colonial. En 1956, le ministère des Affaires du Nord et des Ressources naturelles du Canada crée Kinngait Studios, qui fournit aux Inuit un espace, du matériel et un enseignement au dessin et à la gravure. La coopérative West Baffin Eskimo a été créée en 1959 pour promouvoir les ventes et les expositions d’art inuit dans le sud du Canada et à l’étranger. L’imagerie de Pudlat reflète son environnement en constante évolution, combinant des animaux ou des igloos avec des avions ou des hélicoptères, et souvent en se transformant l’un en l’autre.
Travaillant de manière prolifique dans le Studio, les gravures et sculptures de Pudlat ont été largement diffusées par la Coopérative. Pourtant, dans Fish Plane, Heart Clock, Leo se concentre sur la collection de Pudlat, qui compte plus de 4 000 dessins et peintures, la partie la plus privée d’une production artistique couvrant quatre décennies. La musique jouée par les résidents de Cape Dorset ajoute une autre strate, et est aussi présente que l’image.
Fish Plane, Heart Clock est plus démonstratif et lyrique que documentaire ou neutre, car Leo interprète la logique artistique de Pudlat et sa forme visionnaire d’oraison graphique. Leo voit son film comme une tentative de ne pas parler ’de’ Pudlat, mais de parler ’tout près’ de Pudlat. En d’autres termes, la proximité qu’il offre est un siège au centre d’une orbite, à partir de laquelle une collection inédite d’art et une constellation de relations culturelles, économiques et politiques sont mises en évidence.
— Chris Fitzpatrick & Post Brothers

STRETCHhttps://credac.fr/artistique/stretchhttps://credac.fr/artistique/stretchFri, 08 Sep 2017 00:00:00 +0200

Après l’exposition Mental Archaeology (Matti Braun, Thea Djordjadze et Jean-Luc Moulène) organisée conjointement au Kunstverein de Nuremberg et au Crédac en 2010 avec la commissaire Kathleen Rahn, c’est le travail d’Alexandra Bircken qui nous permet cette nouvelle collaboration. En effet, le Crédac accueille, après le Kunstverein de Hanovre et le Museum Abteiberg de Mönchengladbach en Allemagne, la première exposition personnelle d’Alexandra Bircken en France et contribue au catalogue édité à cette occasion.

Ce qui force l’attention dans le travail sculptural d’Alexandra Bircken c’est à la fois sa force plastique, son actualité et sa volonté d’adopter une neutralité de genre que l’on pourrait s’aventurer à qualifier d’« androgyne ». Tout autant de sujets qui traversent depuis quelques années le programme du Crédac.

Il y a beaucoup à dire sur le parcours de l’artiste. Elle s’est d’abord intéressée à la création, par le biais de la mode, en étudiant dans les années 1990 au prestigieux Central St Martins College de Londres, puis en créant son propre label avec Alexander Faridi. Marquée par ses diverses expériences, l’oeuvre qu’Alexandra Bircken poursuit aujourd’hui est très liée à l’actualité politique : « Comment peut-on être indifférent aux nouvelles qui nous atteignent tous les jours » ? livre-t-elle dans l’interview menée conjointement par Kathleen Rahn, Susanne Titz et moi-même dans le catalogue. Ses oeuvres évoquent également ce qui depuis longtemps l’habite : la mise au jour du fonctionnement d’un objet, son intimité, la manière dont il est construit ou assemblé, qu’il s’agisse d’un vêtement, d’une moto ou d’une arme à feu. Chacun d’entre eux a son mode d’emploi et ses caractéristiques, son identité, comme le corps a son propre fonctionnement.
Ainsi lorsqu’elle opère une coupe quasi chirurgicale pour créer certaines de ses sculptures à partir d’objets existants, non seulement elle les désactive mais elle les revalorise.

Si elle a pour leitmotiv le traitement du corps et du vêtement, ses expérimentations avec les matières révèlent un intérêt pour l’étude du corps et de la peau en tant qu’organe, habit, structure cellulaire, frontière d’une extrême vulnérabilité entre l’intérieur et l’extérieur. Les mannequins, les vêtements, les combinaisons accidentées des motards, les armes, les motos sont présentés, coupés et incisés comme des écorchés. Toutes les situations spatiales mises en oeuvre par Alexandra Bircken mettent en exergue l’interaction entre l’humain et la machine, sujet contemporain central et omniprésent, en perpétuelle évolution depuis la révolution industrielle et qui aborde un siècle plus tard à la fois le cyborg (issu de l’anglais cybernetic organism), un être humain ayant reçu des greffes de parties mécaniques et le replicant (terme employé pour la première fois dans le film Blade Runner), plus proche du clone humain que du robot, ébranlant la condition humaine et la question du genre.

Le titre générique des trois expositions STRETCH parle de lui-même. Nous portons des vêtements et nous construisons des maisons car notre peau est trop fragile pour nous protéger. Ce qui nous touche et nous pénètre dans l’œuvre d’Alexandra Bircken, c’est que notre perméabilité et notre pénétrabilité font de nous des humains.


Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition

Hugues Reip, Phantasmata (1995–2009)https://credac.fr/artistique/hugues-reip-phantasmata-1995-2009https://credac.fr/artistique/hugues-reip-phantasmata-1995-2009Thu, 07 Sep 2017 00:00:00 +0200

Depuis le début des années 1990, Hugues Reip (né en 1964) développe une œuvre prolixe traversée par un imaginaire « archéomoderniste ». Ses vidéos, sculptures, installations élémentaires et découpages forment des tableaux oniriques enfantins et rock’n’roll. Certains procédés techniques et formels hérités des origines du cinéma (Méliès, Keaton) et des avant gardes artistiques du XXe siècle (Fischinger, Kandinsky) mêlés à des artifices bricolés, donnent naissance à ses expériences filmiques, souvent de très courte durée.
Le terme d’origine grecque phantasmata revêt plusieurs sens : une apparition ou un spectre, une création de l’imagination, une hallucination, ou encore une image mentale d’un objet réel. Ce titre choisi par Hugues Reip pour la sélection de films projetés dans le Crédakino traduit précisément le monde à la fois féerique et inquiétant de l’artiste, qui met en scène une autre réalité, entre abstraction et magie, que l’on pourrait qualifier de réalité relative. « Je me souviens des gravures accompagnant les récits de Jules Verne, qui, rendant l’irréel véritable, évoquaient un monde qui aurait un corps, un temps, un espace visible différent du nôtre… mais au même endroit » explique Hugues Reip. Visions hallucinatoires, jeux d’échelle, science-fiction : les Parallel Worlds de l’artiste ouvrent leurs portes.

Dolphin Dandelionhttps://credac.fr/artistique/dolphin-dandelionhttps://credac.fr/artistique/dolphin-dandelionFri, 21 Apr 2017 00:00:00 +0200

Dolphin Dandelion, la première exposition personnelle de Nina Canell en France, présente des vestiges matériels et débris qui témoignent de processus caractéristiques de son œuvre, soigneusement produits pour répondre au contexte post-industriel du Crédac.

La production d’un espace, ou sa visualisation mentale induit un horizon — une ligne de fuite, une trajectoire — la recherche d’un élément insaisissable ou hypothétique que les artistes nomment tour à tour « paysage », « espace », « territoire ». Communiquer implique de subordonner les formes au contenu du message de façon à être compris. Ce n’est pas le cas de l’art, qui côtoie le silence, les jeux de langage, les codes par lesquels les artistes nous entraînent parfois dans les méandres du sens. Penser et communiquer à partir d’un espace ainsi produit ne se limite pas toujours à des données visuelles. Cet espace naît d’un ensemble variable d’éléments métaphoriques ou concrets, qui délimitent un plan visuel à l’intérieur duquel se matérialisent des tensions, apparaissent des perspectives et des impasses.

Nina Canell produit des espaces. Par exemple, elle envisage son exposition selon l’orientation des salles du Crédac : Sud-Ouest, Sud-Est, Sud-Est encore. Ce détail souligne à la fois la manière que l’artiste a de considérer l’espace comme un élément déterminant et la dimension météorologique de son propre travail. La température, l’atmosphère et le temps sont autant de facteurs fondamentaux.


[…] Nina Canell entretient une curieuse relation avec les objets, proche de l’animisme. Elle dit qu’elle les apporte à l’atelier, les observe longtemps pour comprendre comment ils se comportent et dialoguent entre eux, pour ensuite traduire dans l’exposition l’évènement qui se produit uniquement entre ces objets.

Son travail est fortement lié aux sujets contemporains, mouvants et impalpables, comme la dislocation, la fluidité, la transmission et son corollaire, la déconnexion. Nina Canell s’intéresse à la possibilité d’une interaction, à rendre tangible l’invisible, en expérimentant dans une démarche classique les propriétés physiques des objets et des matériaux. La force immatérielle qui les lie n’a d’égal que leur extraordinaire matérialité, car rappelons-le, Nina Canell est sculptrice.


Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition

« Rappelle-toi de la couleur des fraises »https://credac.fr/artistique/rappelle-toi-de-la-couleur-des-fraiseshttps://credac.fr/artistique/rappelle-toi-de-la-couleur-des-fraisesFri, 20 Jan 2017 00:00:00 +0100

Que ce soit dans l’écriture, la production, ou le choix de travailler collectivement, les œuvres de Lola Gonzàlez témoignent d’une propension à l’authenticité, la spontanéité et la fluidité, valeurs ciments des relations affectives. Elle réalise principalement des vidéos où elle met en scène, de façon récurrente, un groupe de jeunes gens évoluant dans des environnements sauvages où se dressent de grandes demeures familiales. Impossible de savoir qui ils sont, ni ce qui les retient ensemble, pourtant leurs activités semblent mues par un songe commun mâtiné d’idéalisme.

Dans Veridis Quo (2016), le groupe est réuni dans une maison de bord de mer, la veille d’un événement auquel ils semblent se préparer par un entrainement à l’arme à feu, pratiqué les yeux bandés. Leur jour s’achève par un dîner mutique autour de plateaux de crustacés, ponctué du bruit des carcasses brisées. Au matin, le groupe atteint de cécité est guidé jusqu’au rivage par leurs deux observateurs, qui seuls ont conservé la vue. Ils attendent alors, l’arme à la main, le regard vide vers l’horizon, l’événement laissé en suspens.

L’exposition « Rappelle-toi de la couleur des fraises », est l’occasion de découvrir sa dernière production tournée en décembre 2016, qu’elle conçoit comme un dispositif vidéo où deux espaces filmiques se rejoignent par intermittence. Dans le premier « Rappelle-toi de la couleur des fraises », nous découvrons deux personnages amoureux échoués au pied d’une maison en bord de mer. Ils sont recueillis par trois jeunes hommes qui eux voient le monde en négatif. Dans cette maison, le couple va être confronté à différentes épreuves qui entraîneront une modification de leur perception des couleurs. Les vicissitudes émotives et chromatiques de ce couple sont rythmées par une bande-son — composée par Alexandre Bourit, un proche de l’artiste — provenant du second espace Here We Are, qui semble être un moyen de passage entre deux réalités diégétiques.

Lola Gonzàlez saisit l’occasion de son exposition personnelle pour susciter un moment partagé avec son réseau de complicités artistiques, amicales et familiales, qui l’entourent et influencent son œuvre. Elle invite ainsi Nicolas Rabant (né en 1988), dont les voilages teintés évoquent des reflets d’aube et de crépuscule à la surface de la mer ; Accolade Accolade (Jenne Pineau et Paul Mignard, nés en 1989), duo de peintres qui, à quatre mains, explorent des territoires picturaux symbolistes ; Pascale Gadon-Gonzàlez (née en 1961) quant à elle, étudie et photographie depuis une vingtaine d’années des espèces de lichen, un organisme résultant d’une symbiose entre deux entités biologiques qui invite à penser l’altérité comme une complémentarité. Par ses invitations, Lola Gonzàlez rend visible le processus d’échanges et le rôle prépondérant de la communauté d’affection et de coopération à l’œuvre dans sa pratique artistique.

Retrospective My Eyehttps://credac.fr/artistique/retrospective-my-eyehttps://credac.fr/artistique/retrospective-my-eyeFri, 20 Jan 2017 00:00:00 +0100

À la fois artiste et curateur, Corentin Canesson dédie son temps son temps à la peinture, à la musique et au commissariat d’expositions. Sa pratique obéit à des protocoles qu’il s’impose comme des obsessions ludiques. Il conçoit la peinture comme un acte spontané de plaisir, à travers lequel il convoque des références métissées à l’histoire de l’art des XXe et XXIe siècles. Pour cette exposition, il peint une série de toiles abstraites, à l’acrylique et à l’huile, sur un format donné (195 × 130 cm), évoquant les gestes d’Eugène Leroy, de Bram Van Velde ou de Philip Guston. Cette peinture décomplexée s’expérimente sur une bande-son, celle de son groupe The Night He Came Home. Enregistré pour l’exposition, l’album, dont chacune des pochettes a été peinte à la main par l’artiste, est diffusé en boucle dans la grande salle du Crédac, envisagée comme un plateau.

Cette peinture « de seconde main » — à lire du côté d’une assimilation par l’artiste des peintres aimés — n’empêche pas une vraie recherche plastique et une unité formelle au-delà de l’exercice de citation et d’appropriation. L’héritage désigné et avoué permettant la conquête d’un territoire de la peinture déjà balisé, et l’expression d’une sincère et singulière sensibilité. Dans le corpus fécond de cet artiste hyper-productif, on perçoit déjà les périodes, les séries, les lubies. Il y a le motif de l’oiseau (qu’on sait notamment inspiré par les peintures naturalistes de l’ornithologue américain Jean-Jacques Audubon et les sculptures de l’artiste finistérien Jean Pierre Dolveck) souvent seul et contraint par le cadre, englué dans les couches de peinture qui semblent alourdir ses mouvements. En 2015, suite à la résidence Les Chantiers, il consacrait son exposition personnelle à Passerelle Centre d’art contemporain à Brest au mythe de Samson et Dalila. Interférant et amplifiant la communication en amont, il peignait lui-même les affiches ensuite diffusées dans les panneaux Decaux de la ville, apportant, avant même l’exposition, autant de traductions plastiques à ce récit biblique.

Retrospective My Eye : le titre de l’exposition et de l’album s’affiche tel un hommage non dissimulé à Robert Wyatt. Il est extrait des paroles de Gharbzadegi, un des morceaux figurant sur Old Rottenhat, le quatrième album — joué seul et autoproduit — du musicien anglais, sorti en 1985. The Night He Came Home — autre référence, cette fois-ci au film Halloween (1978) de John Carpenter — en fait même une reprise ; à l’écoute dans l’exposition.

Royal Garden 9https://credac.fr/artistique/royal-garden-9https://credac.fr/artistique/royal-garden-9Sun, 01 Jan 2017 00:00:00 +0100

Taupe là ! Une scène, un personnage, un tégument ? Avez-vous déjà regardé un ver droit dans les yeux ? Bibliomania vous invite à suivre Andy et votre instinct, de l’autre côté de la pomme. Lorsque les objets aimés deviendront aimants, vous saurez enfin pourquoi worms don’t come easy.

STRETCHhttps://credac.fr/editions/stretchhttps://credac.fr/editions/stretchSun, 01 Jan 2017 00:00:00 +0100

L’exposition STRETCH, où une soixantaine d’objets illustrent les différentes phases de l’œuvre d’Alexandra Bircken, a été conçue spécifiquement pour le Kunstverein Hannover, le Museum Abteiberg de Mönchengladbach et le Centre d’art contemporain d’Ivry — le Crédac à Ivry-sur-Seine.

Cet ouvrage présente les variantes des installations des premières expositions à Hanovre et à Mönchengladbach, ainsi qu’une documentation sur les procédés, qui font découvrir les méthodes de travail de l’artiste et ses recherches sur les matières.

Estefanía Peñafiel Loaiza, Remontageshttps://credac.fr/artistique/estefania-penafiel-loaiza-remontageshttps://credac.fr/artistique/estefania-penafiel-loaiza-remontagesTue, 22 Nov 2016 00:00:00 +0100

Remontages (Ivry-sur-Seine, 2014) a été réalisé par l’artiste durant la préparation de son exposition l’espace épisodique présentée au printemps 2014 au Crédac. La vidéo se concentre sur l’horloge de la Manufacture des Œillets. Stoppée depuis la fermeture de l’usine à la fin des années 1970 (depuis ponctuellement remise en fonctionnement), elle contient en elle à la fois le symbole du temps et de la mémoire. Possédant un double cadran, elle était visible depuis la cour en arrivant et depuis l’usine pendant la journée de travail. L’artiste restitue le processus de réparation par l’horloger et sa mise en fonctionnement pour la durée de son exposition au Crédac.

Carte Blanche à Elfi Turpin : In the Eye of the Shadow-Machinehttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-elfi-turpin-in-the-eye-of-the-shadow-machinehttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-elfi-turpin-in-the-eye-of-the-shadow-machineTue, 18 Oct 2016 00:00:00 +0200

In the Eye of the Shadow-Machine est un programme de films qui laisse affleurer une recherche menée par Elise Florenty et Marcel Türkowsky autour de différentes expérimentations de communications possibles entre êtres humains et non humains au Japon. Avec In the Eye of the Shadow-Machine, les artistes se penchent ici plus spécifiquement sur le Bunraku — une forme théâtrale dont les personnages sont représentés par des marionnettes de grande taille, manipulées à vue par des opérateurs masqués et habillés de noir.
Ce programme s’ouvre sur le film court Shadow-Machine qui dévoile une constellation de personnages, plantes, animaux et machines, isolés dans une dense nuit d’été, et partageant le sentiment d’être étrangement liés les uns les autres, comme s’ils étaient guidés par une même force externe, collective et menaçante. Si Shadow-Machine s’inspire du Bunraku, il propose une réflexion à la fois anxiogène et libératrice sur la domination d’un auteur sur son acteur.
Le second film de ce programme rentre dans l’œil du premier. Conçu dans la conspiration de la même nuit, il déplie de courtes histoires issues des coulisses du théâtre Bunraku révélant un dispositif narratif complexe qui sépare la musique de la voix, la voix du corps, la tête des membres. En prenant ses distances avec la représentation, ce film observe comment les opérateurs, tels des ombres mouvantes et souveraines, tour à tour donnent vie et la reprennent.

PROJECTION ET RENCONTRE AVEC ELFI TURPIN, ELISE FLORENTY ET MARCEL TÜRKOWSKY Jeudi 17 novembre à 19h

The Blue One Comes in Blackhttps://credac.fr/artistique/the-blue-one-comes-in-blackhttps://credac.fr/artistique/the-blue-one-comes-in-blackFri, 09 Sep 2016 00:00:00 +0200

Artiste majeure de la scène artistique contemporaine canadienne, Liz Magor (née en 1948, vit et travaille à Vancouver) puise ses idées dans les croyances, réactions et comportements humains, particulièrement quand ils ont trait au monde matériel. Elle s’intéresse aux vies sociales et émotionnelles des objets ordinaires, affectionnant particulièrement les matériaux qui ont perdu le lustre de leur usage ou fonction d’antan. Les choisissant pour leur capacité à renfermer et à refléter les histoires, comme les identités personnelles et collectives, Liz Magor révèle une résonance dépassant leur simple fonction utilitaire par le biais de transformations et de déplacements.

La pratique artistique de Liz Magor débute il y a une quarantaine d’années. Cette longue période a vu de grands changements dans la recherche artistique, depuis la dématérialisation de l’objet d’art jusqu’à sa re-matérialisation, l’éloignement de l’atelier jusqu’à sa récente réaffirmation et un intérêt renouvelé pour les matériaux et le faire. Pendant toute cette période, l’artiste a maintenu sa pratique d’atelier, là où elle interroge les choses qui partagent le même espace temps que son propre corps. Comme elle le dit dans le catalogue de sa récente rétrospective au Musée d’art contemporain de Montréal [^Liz Magor, 2016. Catalogue de l’exposition Habitude au Musée d’art contemporain de Montréal (22 juin — 5 septembre 2016)], elle est passée « des mots au visible, de l’idée à l’objet » car « ce fut un long processus, et c’est à l’atelier que ce changement s’est opéré. Aujourd’hui il me faut l’espace concret de l’atelier pour examiner le monde. Il ne suffit plus de regarder. J’ai besoin de transformer les choses afin de mieux capter et comprendre les propriétés constitutives des matériaux et des procédés formant les objets du monde. Puisque toutes ces choses portent déjà une empreinte sociale, c’est un peu comme si je faisais entrer le monde par bribes dans l’atelier ».

Grâce à cette expérience, Liz Magor a décidé d’explorer et d’absorber le monde, de l’expérimenter avant de commencer à conceptualiser. « Pour mon usage, les objets peuvent être divisés en deux catégories : ceux qui proviennent du monde et ceux que je réalise à l’atelier ». Les objets qu’elle choisit d’intégrer à son travail sont en fin de vie, sales, cassés, en rébellion, dévalués, démodés, stupides. Elle traque leur lente détérioration liée à la sphère domestique puis les soigne et les conduit lentement vers une attraction nouvelle.

« Ce qui m’intéresse, c’est l’influence de ce qui est fabriqué dans l’atelier sur ce qui est trouvé. Par un phénomène mystérieux, les objets trouvés s’animent vraiment lorsqu’ils sont en présence de la représentation sculpturale de quelque chose d’ordinaire ».

Ses œuvres, qu’elle dit conçues, créées et polies par le jeu des contradictions, semblent restituer les antagonismes qui tourmentent, mais qui participent aussi à la vitalité de l’existence. C’est en travaillant à partir de moulages hyper réalistes d’objets ou de vêtements quotidiens, en reprisant et protégeant des objets choisis pour leur apparente désuétude, en réalisant des négatifs d’objets ou des fac-similés (deux procédés liés à la reproduction) que Liz Magor nous alerte. À travers ce réveil d’un monde matériel anonyme, on lit une certaine histoire de notre culture moderne : de la propriété au besoin de protection et d’accumulation, de l’ambiguïté et de l’inconstance du désir qui nous lie aux objets.
L’artiste garde une « photographie » des objets pour longtemps, en en stoppant net le processus de corrosion et d’effondrement. Car la sculpture a fortement à voir avec le temps, et celle de Liz Magor qui négocie sans cesse avec de la matière « oxydée » a quant à elle à voir avec l’idée de stopper le temps, de stopper la mort. De ses associations nouvelles entre les objets, Liz Magor recrée de la vie, sans créer de nouvelles histoires puisqu’elle ne souhaite pas donner à ses assemblages de significations particulières. Il n’y a aucun romantisme dans sa démarche, peut-être seulement une légère nostalgie. Il n’y a pas non plus de « régionalisme » puisqu’elle choisit ses matériaux là où elle travaille.

Liz Magor sait que le regardeur ne fait pas toujours la différence entre une chose réelle et une sculpture. Elle cherche cet espace d’erreur entre le manufacturé et le réel, là où peut se jouer une déconnexion avec la réalité.

Olivier Dollinger, The climate control and the summer of lovehttps://credac.fr/artistique/olivier-dollinger-the-climate-control-and-the-summer-of-lovehttps://credac.fr/artistique/olivier-dollinger-the-climate-control-and-the-summer-of-loveThu, 08 Sep 2016 00:00:00 +0200

Le film repose sur une action unique menée par une performeuse plongée dans un décor se jouant des codes du studio d’incrustation à fond vert, utilisé pour produire les effets spéciaux. Le costume et le masque que porte la performeuse, opèrent des similitudes avec la figure du spectre dans les premiers films muets, son action se réduisant à produire et maintenir en apesanteur une simple bulle de savon au dessus d’une table de verre. […]
Olivier Dollinger, 2016

La Vie Héroïque de B.S. : Un opéra en 3 acteshttps://credac.fr/artistique/la-vie-heroique-de-b-s-un-opera-en-3-acteshttps://credac.fr/artistique/la-vie-heroique-de-b-s-un-opera-en-3-actesTue, 24 May 2016 00:00:00 +0200

Dans cet opéra-vidéo, Hoël Duret met en scène le parcours d’investigation d’un personnage de fiction nommé B.S, designer fantasque et héritier maladroit des principes rationnels issus de la modernité. Conquérant, celui-ci accepte de relever un ultime défi : redessiner l’œuf de poule.
L’esthétique résolument sixties oscille entre bricolage et design, fourmillant de références aux créations industrielles de l’après-guerre, et annonce déjà la faillite de la pensée moderniste fascinée de son héros. Les trois actes ont été filmés dans autant d’expositions conçues comme des plateaux de tournage (Frac Pays de la Loire, Mosquito Coast Factory et Zoo Galerie).

Jeudi 2 juin à 18h45 : Projection et rencontre avec l’artiste.

Michel Aubry, Rodtchenko à Parishttps://credac.fr/artistique/michel-aubry-rodtchenko-a-parishttps://credac.fr/artistique/michel-aubry-rodtchenko-a-parisWed, 04 May 2016 00:00:00 +0200

En 1925, Alexandre Rodtchenko est chargé d’aménager le pavillon de l’URSS à l’Exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels modernes. Durant son séjour à Paris, il écrit à sa femme Varvara Stepanova notamment sur sa vie à Paris, donnant une foule d’observations précises et critiques sur la société de cette époque.
Le film s’est construit progressivement depuis mars 2003 par des tournages successifs, généralement associés à des expositions du Club ouvrier que Michel Aubry a reconstruit et mis en musique. Dans le film, Alexandre Rodtchenko, incarné par l’acteur David Legrand, évolue dans le Paris contemporain sur les traces de l’artiste constructiviste découvrant des lieux restés inchangés, comme Versailles, le Cirque d’hiver, l’Hôtel Star-Etoile, l’Olympia et le Grand Palais.

Jeudi 12 mai à 18h45 : Projection et rencontre avec l’artiste.

Ce projet a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques qui lui a apporté son soutien.

Carte Blanche à Ana Jottahttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-ana-jottahttps://credac.fr/artistique/carte-blanche-a-ana-jottaFri, 08 Apr 2016 00:00:00 +0200

Documentaire dédié à Ana Jotta tourné en 2009.

TI RE LI REhttps://credac.fr/artistique/ti-re-li-rehttps://credac.fr/artistique/ti-re-li-reFri, 08 Apr 2016 00:00:00 +0200

Ana Jotta déploie l’une des œuvres les plus passionnantes et singulières de la scène artistique portugaise des dernières décennies. Peintre avant tout, elle est aussi collectionneuse et glaneuse, redonnant vie aux objets, aux écrits et inventions des autres comme des siennes. Faire est une constante devise dans l’élaboration de son travail artistique, aussi modeste et économe que prolifique.

Un quotidien portugais lui consacrait récemment un grand portrait intitulé : « Histoire d’un chat sans maître ». En effet, Ana Jotta n’a aucun goût pour ce qui est dominant, classifié, ordonné par d’autres qu’elle-même. Obéissant à sa propre orchestration, elle suit ses chemins, routes et cercles nombreux. Elle se définit volontiers comme irrationnelle, aimant l’inclassifiable, l’inépuisable, l’immoral.

Dans la salle consacrée aux J, la sculpture totémique Genealogic Tree (n.d.) est caractéristique de sa pratique. Rappelant une lampe de salon, l’assemblage réunit une lumière, ici artificielle et tamisée à travers un seau en plastique transformé en abat-jour ; un bouclier issu de parades organisées lors de l’exposition universelle au Portugal en 1940 et une peinture de Pedro Casqueiro. Au sommet, une tête de chienne façon trophée, est affublée d’une coiffe royale en hermine. Sous les atours d’armoiries personnelles, Ana Jotta s’amuse des notions de style, de discipline et d’auteur dans une pratique fondamentalement libre.

Les footnotes (notes de bas de page) constituent l’inépuisable réserve et matrice de l’artiste. Cette collection d’objets, d’images, de dessins et de souvenirs s’est constituée au fil du temps et s’enrichit encore, nous rappelant l’importance de l’amateurisme (au sens d’aimer faire) et son attachement aux arts « mineurs ». Conservés dans sa maison à l’allure de rétrospective de sa vie (comme le Petit cirque qui contient une année d’images prises avec son téléphone portable), les footnotes ont été soigneusement choisies par l’artiste, dans un premier temps pour l’exposition A Conclusao da Precedente à Culturgest à Lisbonne en 2014. Photographiées à cette occasion, elles ont donné lieu à un livre, qui a lui-même engendré un papier peint. Cette sorte de Wunderkammer (chambre des merveilles) précurseur du musée moderne, est à l’image du processus de travail d’Ana Jotta et de son oeuvre, toujours en mouvement, comme son propre corps.

Chaque exposition est l’occasion d’une lecture et d’une relecture de son oeuvre, d’une nouvelle proposition de présentation. Il n’y a ainsipas de distinction entre son travail et la manière de l’exposer, de l’arranger. C’est souvent à travers des dispositifs plus légers, transportables, voire périssables que ses oeuvres tour à tour s’effacent et réapparaissent. Ses dernières productions sont des succédanés de ses oeuvres imprimées sur des voiles légers, transparents, fantomatiques.

Ana Jotta se dit excentrique, littéralement hors du centre. Elle vit et travaille aux marges, où de frêles et sensibles choses, presque invisibles, sont éjectées. C’est dans ces espaces négligés, pourtant familiers, qu’elle puise sa matière et pointe l’essentiel. À leur propos, Ana Jotta parle « d’objets exclusifs propres à chacun, susceptibles de par leur étrangeté, charme et anti-forme, d’avoir leur vie à eux ».


Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition


En parallèle de l’exposition, plusieurs institutions parisiennes (Jeu de Paume, Théâtre de la Ville, Grand Palais, Cité de l’architecture et du Patrimoine, Fondation Calouste Gulbenkian) mettent à l’honneur la scène portugaise dans le cadre du Printemps Culturel Portugais.

Going Spacehttps://credac.fr/artistique/going-spacehttps://credac.fr/artistique/going-spaceFri, 15 Jan 2016 00:00:00 +0100

Les odyssées que Caecilia Tripp partage avec les spectateurs sont liées à l’histoire des migrations des peuples. Traduites en autant de traversées que d’ascensions ou de célébrations, elles sont en perpétuel mouvement.

Going Space commence par une pièce sonore qui accompagne l’ascension rythmée du spectateur vers l’espace d’exposition. Comme une procession, code récurrent dans le travail de l’artiste, l’exposition suit le fil d’une géographie fluide depuis l’intimité de portraits de lecteurs endormis (Sleeping with Books, 2011-15) en passant par le contexte urbain et le reenactement de performances passées (Last Song, 2015 ; Paris Anthem, 2008), jusqu’à la musique cosmique et le vortex dessiné à la craie par la chorégraphie circulaire de patineuses à roulettes.

Scoring the Black Hole [^Scoring the Black Hole est une œuvre produite par Lafayette Anticipation – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette. Invités : Chimurenga « Pan African Space Station »] est d’abord une performance, puis une composition musicale cosmique inscrite sur une toile et un film. Il n’y a ni commencement ni fin, seulement l’infini et l’inconnu. Dans We Are Nothing but Stardust (2015), elle évoque justement la théorie des cordes, et fait référence au saxophoniste et compositeur de jazz John Coltrane qui jouait des constellations cosmiques dans ses improvisations, explorées par le chercheur en physique quantique Stephon Alexander. Ainsi, Scoring the Black Hole révèle et marque nos liens invisibles.

Une autre traversée est celle effectuée par une bicyclette préparée (Music for (Prepared) Bicycle, Score Two: New York, 2015) depuis le Bronx en passant par Spanish Harlem jusqu’au pont de Brooklyn, retraçant ainsi l’histoire des Young Lords, groupe social radical fondé par la jeunesse portoricaine à New York et Chicago dans les années 1960, et celle des Black Panthers.

Dans tous les cas, il s’agit de déplacements dans l’histoire. L’histoire de la construction, de la fluidité et du dépassement des identités sont les pierres angulaires du travail de Caecilia Tripp. À travers l’histoire de la musique et du son, elle nous livre certains des codes de construction d’une Amérique multi-raciale, repensés par les imaginaires de la musique hip-hop et de la poésie (The Making of Americans, 2004).


Le voyage, l’errance, la dérive sont des motifs artistiques et philosophiques présents dans l’exposition. Depuis la figure du flâneur, introduite au début du XXe par le philosophe Walter Benjamin, qui faisait l’éloge de la lenteur en opposition à l’accélération de la vie moderne et à l’extension des villes, tenant en laisse une tortue comme seul guide (The Turtle Walk, 2011). Point de vue critique prolongé par Guy Debord dans les années 1970 avec le concept de dérive, qui plaçait l’individu au centre de la réflexion, remettant en question le sens de l’espace public et privé à l’ère du capitalisme.


Dans son exposition réunissant les dix dernières années de son travail, Caecilia Tripp nous montre qu’elle est un véritable capteur du monde. Elle réalise une œuvre qui semble porteuse d’une croyance selon laquelle, dans le mouvement et l’action, chacun d’entre nous a le pouvoir de changer quelque chose. Bien sûr, elle réalise des œuvres dans un moment de crise et de protestation, où tous les repères sont remis en question depuis Ground Zero, après Occupy Wall Street, les Printemps arabes et la forte montée des intégrismes de toutes obédiences. Caecilia Tripp ne se contente pas de documenter. Elle conçoit et capte ses performances depuis la rue, travaillant toujours en collaboration. Elle a ainsi abandonné depuis longtemps l’idée de l’atelier, pour directement s’engager avec des personnes. Poètes, chorégraphes, musiciens, philosophes, historiens, physiciens et astronomes sont les protagonistes ou compagnons de processus participatifs qu’elle mène entre Paris, Bombay, New York, les Caraïbes et aujourd’hui Ivry.

Une artiste toujours en mouvement comme les roues de bicyclette dont les rayons sont des cordes de guitare (Music for (Prepared) Bicycles - bicycle sculpture, 2015), ainsi transformée en instrument de musique, en révolution.
Caecilia Tripp s’intéresse aux mouvements de protestation, à la désobéissance civile et à l’anarchie. Ceux qui ont défié la ségrégation raciale sont omniprésents, que ce soit l’écrivaine américaine Gertrude Stein ou le musicien de Jazz Miles Davis, en passant par l’activiste Angela Davis ou le boxeur Mohammed Ali.

Fortement inspirée par le poète caribbéeen Edouard Glissant dont elle était proche et à qui elle a consacré des films (Making History, 2008), c’est « la poétique de la relation » qui permet à l’oeil critique de Caecilia Tripp de s’ouvrir à des utopies, à l’invention de nouvelles langues, à la mise en lumière de codes culturels dominés et à l’analyse des imaginaires sociaux. Caecilia Tripp ne cesse de s’intéresser au dépassement de la question identitaire, car dit-elle « nous ne sommes pas des identités fixes » . Parce que comme le soulignait Edouard Glissant “Nothing is true, everything is alive” tels les sons et les identités multiples qui résonnent dans Going Space.


Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition

Sans titrehttps://credac.fr/artistique/sans-titrehttps://credac.fr/artistique/sans-titreFri, 15 Jan 2016 00:00:00 +0100

Pour l’exposition Going Space, un cycle de films de Caecilia Tripp, pensé comme une séance de 50 minutes, est présenté dans le Crédakino.

En 2014, Caecilia Tripp a reçu le soutien de la FNAGP pour Music for (pre- pared) Bicycles Score 3, Cape Town, Afrique du Sud.

Royal Garden 8https://credac.fr/artistique/royal-garden-8https://credac.fr/artistique/royal-garden-8Fri, 01 Jan 2016 00:00:00 +0100

Figures est un jeu de construction à partir de fragments d’images, de textures, de matières et d’objets glanés. Mathias Schweizer, graphiste, conçoit des compositions - à partir d’une foisonnante matrice d’éléments passés par le prisme de son scanner, ou façonnés au gré de ses recherches - qui sont autant de tableaux de jeux pour les visiteurs. S’il est à l’origine de la première figure, elle est ensuite modifiable à loisir par le visiteur et laissée en l’état pour le prochain.

Thierry Chancogne, théoricien du graphisme et enseignant, invité à réagir à ces compositions, propose un flux de réflexions, qui côtoie le jeu tel un flux d’informations en continu. Il écrit une série d’impromptus conçue telle une étude diachronique sur l’apparition des formes et des images, dans le champ de l’architecture, de la peinture, du cinéma.

tout le mondehttps://credac.fr/artistique/tout-le-mondehttps://credac.fr/artistique/tout-le-mondeFri, 11 Sep 2015 00:00:00 +0200

J’ai toujours aimé les panneaux d’affichage à l’instant de leur passage au bleu. Ce moment où tous les messages sont recouverts. Ces matins là dans Ivry sont mes préférés, quand le bleu du ciel se rapproche un peu du bitume. Cette pratique à l’échelle de la ville a guidé l’architecture de l’exposition, où les panneaux d’affichages remplacent les cimaises.

Pour prolonger l’idée que le bleu du ciel appartient à « tout le monde », j’ai réuni 22 artistes internationaux ayant produit des œuvres de 1960 à nos jours[^Collections Centre National des Arts Plastiques, Centre Pompidou, Paris / MNAM-CCI, Frac Aquitaine, Frac Lorraine, Frac des Pays de la Loire et courtesy des artistes et des galeries Gaudel de Stampa, mor charpentier, Jocelyn Wolff, Dohyang Lee, Art : Concept, Marcelle Alix, Blum & Poe, gb agency, Anne-Marie & Roland Pallade, Peter Freeman, inc., Eric Dupont, Kamel Mennour.]. De générations différentes, ils ont en commun des gestes ou actions qui constituent des œuvres fragiles, voire précaires, réalisées avec économie et attentives au contexte dans lequel elles s’inscrivent. Certaines portent en elles l’inquiétude environnementale (Ágnes Dénes, Kōji Enokura), le rituel (William Anastasi), le soin du vivant (Michel Blazy), le sublime (Guillaume Leblon), le temps (Nicholas Nixon), l’éloge de la lenteur (Melanie Counsell), la marche (Helen Mirra), l’action poétique (Gina Pane), l’action écologique (Hans Schabus), la révolte (Marie Cool Fabio Balducci). D’autres encore relèvent de la collection (Jean Le Gac), de la collecte (Dove Allouche, Běla Kolářová), du geste simple (Lili Dujourie, Jirí Kovanda), du geste urbain (Gordon Matta-Clark), de la préservation (Lara Almarcegui), de l’enregistrement anthropologique (Marcos Ávila Forero), de l’écriture (Marcelline Delbecq) ou du jeu (Roman Signer, Mathias Schweizer).


Cette exposition est un inventaire modeste, conçu à la manière d’un herbier plutôt que d’un atlas. Poétiques et parfois politiques, ces œuvres placées à la portée de tout le monde ne tendent ni vers l’héroïsme, ni vers le spectaculaire ; elles sont cependant extraordinaires par la réflexion qu’elles déclenchent ou par la position qu’elles adoptent.

Concentrée sur des gestes « peu » en opposition aux gestes « trop » que véhiculent nos écrans au quotidien, cette exposition privilégie la lenteur, le calme, l’immobilité voire une forme de banalité, comme autant de rapports sensibles que tout le monde adresse à « tout le monde ».


Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition

Modes & Usages de l’arthttps://credac.fr/artistique/modes-usages-de-l-arthttps://credac.fr/artistique/modes-usages-de-l-artFri, 10 Apr 2015 00:00:00 +0200

Depuis une vingtaine d’années, les sculptures de Delphine Coindet ne cessent de nous surprendre, par le biais de ses divers dispositifs d’expositions conçues comme des mises en scène ouvertes, ses collages et assemblages de matériaux et de techniques hétérogènes. L’inventivité de son langage, en constant dialogue avec l’architecture et le design, se développe aujourd’hui autour d’une large palette d’expériences comprenant, outre l’exposition, la scénographie, la performance, la commande publique ou l’édition de mobilier radical.

Le Crédac poursuit sa collaboration, initiée il y a plus de dix ans, avec Delphine Coindet dans le cadre d’un processus de travail inédit en association avec le CIRVA (Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques, Marseille). En 2014, fortes de leur désir commun, les deux institutions ont invité l’artiste à expérimenter, auprès d’artisans verriers, ce nouveau matériau dans sa pratique. Elle y conçoit des formes qui mettent autant à profit la virtuosité de leur savoir-faire que l’accident, laissant place à une déclinaison de couleurs et de textures. Des analogies se créent d’une manufacture à une autre, depuis l’atelier de production jusqu’au centre d’art, où, tout en transparence, les œuvres font écho à l’architecture vitrée du bâtiment industriel.


Avec Modes & Usages de l’art, Delphine Coindet propose une incursion dans trois environnements successifs glissant de l’espace public à l’espace privé, du format architectural au format domestique. Jouant de l’ambivalence irrésolue entre objets d’art et objets utilitaires, elle interroge leurs conditions de production et de réception, leurs valeurs et usages, dans les mises en scène de notre quotidien.

Bruno Pélassyhttps://credac.fr/artistique/bruno-pelassyhttps://credac.fr/artistique/bruno-pelassyFri, 16 Jan 2015 00:00:00 +0100

Un centre d’art n’est pas un musée, mais il doit parfois le devenir. Ainsi aujourd’hui, pour la première fois, le Crédac organise l’exposition rétrospective de l’œuvre vivante d’un artiste disparu : Bruno Pélassy. Une belle et riche collaboration s’est mise en place autour de son œuvre, avec le soutien indéfectible de la famille Pélassy, les amis artistes (Natacha Lesueur, Brice Dellsperger, Frieda Schumann), les critiques d’art et experts de l’œuvre (Didier Bisson, Florence Bonnefous, Marie Canet), les collectionneurs généreux, les centres d’art Passerelle à Brest, le CRAC à Sète et le MAMCO à Genève où successivement se produiront, en 2015 et 2016, des expositions et des événements consacrés à Bruno Pélassy.

L’enjeu principal de cette exposition est de remettre en lumière l’œuvre singulière de cet artiste français présent dans la mémoire de la communauté artistique, mais qu’il reste à faire découvrir au plus grand nombre. Son contexte de création est celui des années 1990, années de crise, de traumatisme collectif et individuel lié au virus du Sida, mais aussi années d’effervescence artistique à Nice où il est proche de l’école et du centre d’art de la Villa Arson alors dirigés par Christian Bernard. Ses amis sont les artistes Jean-Luc Blanc, Brice Dellsperger, Natacha Lesueur, Marie-Ève Mestre, Jean-Luc Verna et aussi des artistes « protecteurs » comme Ben. Il fait sa première exposition en 1993 à Nice, chez Art:Concept. Bruno Pélassy n’a pas fait d’école d’art, mais a suivi une formation en textile et joaillerie, qui l’a amené à travailler pour le bijoutier Swarovski. Il emprunte à la haute couture ses processus, ses techniques de façonnage et ses matériaux. Le bricolage se mêle au travail minutieux du verre et du cristal, la création de bijoux côtoie celle des bestioles mécaniques bon marché.

Les œuvres présentées ont toutes été créées sur une période d’à peine dix ans. Ce qui frappe d’emblée, c’est la diversité des expérimentations à la fois esthétiques et techniques mises en œuvre comme une urgence par le jeune artiste : les « Créatures », organismes de soie et de dentelles évoluant en aquariums ; les « Bestioles », bestiaire mécanique se donnant en spectacle ; les portraits réalisés à la cire ou au crayon ; son unique vidéo, Sans titre, Sang titre, Cent titres (1995), sorte de manifeste dont le magnétisme de la bande s’estompe au fil des lectures, détériorant l’image jusqu’à sa disparition ; les « Reliquaires », qui contiennent à la fois des bijoux et le blouson de l’artiste.


L’exposition n’adopte ni une position qui viserait à singer une mise en scène par l’artiste lui-même, ni une approche trop muséale. Rendu visible au Crédac, le travail de Bruno Pélassy s’inscrit aujourd’hui de nouveau dans l’actualité artistique. L’imaginaire auquel il se réfère, l’écho du contexte dans lequel il a été créé, l’usage de métaphores et de figures mises en scène forment un vaste champ d’expérimentations qui nous permet de mesurer tout l’intérêt de cette œuvre indémodable, à la fois sombre et lumineuse, sophistiquée et bricolée, sensible et lucide, aussi et surtout libre.


Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition

Royal Garden 7https://credac.fr/artistique/royal-garden-7https://credac.fr/artistique/royal-garden-7Thu, 01 Jan 2015 00:00:00 +0100

Royal Kinder Garden restitue, de manière non exhaustive, l’univers de notre travail de médiation que nous souhaitons porteur, éclairé et enthousiaste. Enfants et adultes peuvent rejouer en ligne ces expériences de l’œil, de la main et de la parole.


Royal Kinder Garden invite Boris Achour à créer de nouvelles formes à partir des projets emblématiques du Bureau des publics comme les émissions Rad’Arts, réalisées dans les expositions et diffusées sur Radio-Cartable, les ateliers de pratique artistique ou encore la collection de livrets-posters Exo. Enfants et adultes peuvent s’approprier cette matière vivante et rejouer en ligne ces expériences de l’oeil, de la main et de la parole.


Cette septième édition de Royal Garden propose une ascension qui se déplie au gré de documents, de jeux et d’expériences de médiation multiples. En toile de fond, la grille évoque les principes des jeux éducatifs de Friedrich Fröbel (1782-1852), pédagogue allemand à l’origine du concept de jardin d’enfants (Kindergarten). Cette grille était aussi l’un des motifs centraux de l’exposition Une exposition comme les autres d’Aurélien Froment (2011), qui proposait au public d’activer ces jeux réédités, réunis dans une boîte posée sur une table (Formes de la nature, formes de la connaissance, formes de beauté, 2011). D’après cette œuvre, l’équipe du Bureau des publics du Crédac avait créé « l’Atelier Kiosque », un atelier de pratique artistique basé sur l’appréhension de la géométrie et de l’architecture. Ce dernier s’appuyait sur la visite du Kiosque Raspail de Renée Gailhoustet (née en 1929) dans le centre-ville d’Ivry-sur-Seine et sur un travail de construction en volume. Archives photographiques, extraits sonores, traces d’ateliers et images s’agencent dans Royal Kinder Garden sur un quadrillage légèrement déréglé et racontent ces relations qui se tissent entre les artistes, les médiateurs et les jeunes visiteurs.


La salle du Bureau des publics, attenante à l’accueil du Crédac et aux salles d’exposition, est un lieu d’échange, d’apprentissage, de partage entre médiateurs et élèves, entre parents et enfants. Pendant les ateliers, d’autres « règles » s’appliquent : notre manière de faire se veut complémentaire du travail pédagogique assuré par les animateurs et enseignants. Repensés pour chaque exposition, les outils créés par les médiateurs et médiatrices du Bureau des publics sont pluriels : visites commentées, Ateliers-Goûtés pour les familles, dossiers de réflexion, ateliers de pratique artistique, projets avec des plasticiens invités en résidence dans des classes ou centres de loisirs. Le cadre, précis et souple, est propice à la tentative et aux expériences. Notre travail de transmission repose sur différents principes : être au contact des œuvres, manipuler des matériaux, explorer les formes élémentaires de la modernité, expérimenter des techniques nouvelles, partager des connaissances et des interrogations. Considérés comme des moteurs, les balbutiements participent au processus, tout comme ce qui advient de manière inattendue.


Chaque atelier de pratique artistique débute par une discussion basée sur les souvenirs de l’exposition vue en amont. Dans cette phase de restitution « mentale », orchestrée par les enfants qui, pour certains, côtoient le Crédac régulièrement depuis leur plus jeune âge, des décalages se produisent parfois et font se mélanger titres d’exposition, titres des œuvres et noms des artistes. Dans Royal Kinder Garden, ces distorsions de la mémoire produisent des situations nouvelles et trouvent un écho dans le générateur de titres d’exposition et le memory.


L’un des projets phares présenté dans Royal Kinder Garden, témoigne de notre approche héritée du dynamisme culturel des années 1980 qui voient les radios libres et les centres d’art émerger sur l’ensemble du territoire. C’est dans ce contexte porteur que naît Radio-Cartable en 1984 à Ivry, un an avant la création de l’association du Crédac. Grâce à un don de matériel d’un parent d’élève à l’école Maurice Thorez et à un suivi pédagogique et technique spécifique assuré par un enseignant, Radio-Cartable commence à émettre sur les ondes de Radio-Libertaire et s’adresse depuis à l’ensemble des élèves ivryens. Endossant tour à tour le rôle d’animateurs et d’auditeurs, ceux-ci bénéficient de cet outil singulier en réalisant interviews et reportages sur des sujets variés. Tout en stimulant la pratique du français, à l’écrit comme à l’oral, ce projet sensibilise ces jeunes publics au fonctionnement des médias. Entre 2012 et 2015, nous avons travaillé en partenariat avec l’enseignant-référent de Radio-Cartable et créé l’émission Rad’Arts, dont un florilège d’extraits est disponible à l’écoute.


Dans Conte de feu de camp présenté dans l’exposition Séances de Boris Achour au Crédac en 2012, Jean-Yves Jouannais incarne un conteur assis dans un cercle d’enfants. Ils sont dans l’obscurité, éclairés par un feu de camp sculptural et lumineux (Feu de camp pyramide, 2009), dans un environnement brut. Sur une succession d’images fixes, la voix-off du critique d’art conte une histoire, témoignage d’un enfant devenu adulte ayant connu la lumière et sa disparition, et concluant ainsi son récit : « Peut-être que vous pourrez retrouver la lumière. Peut-être que vous le pouvez, tout de suite ». À l’image des rites de transmission collectifs mis en place par l’artiste dans plusieurs films et installations, cette œuvre met en exergue une relation sensible et primitive entre les individus. La multiplicité des champs investis par Boris Achour (danse, cinéma, bande-dessinée, son, écriture…) qui renouvelle sans cesse le format de l’exposition fait écho à la diversité des sujets et des médiums explorés dans nos activités. Dans son travail, il est question du jeu, du détournement des règles, de la manipulation de formes élémentaires, ou encore de l’interaction entre les êtres et les œuvres. Invité à s’approprier la matière vivante du Bureau des publics, il conçoit une proposition inédite qui se développe à travers des GIF animés et une interface ludique qui sillonne des motifs et archives emblématiques.

Bruno Pélassyhttps://credac.fr/editions/bruno-pelassyhttps://credac.fr/editions/bruno-pelassyThu, 01 Jan 2015 00:00:00 +0100

Né au Laos en 1966, Bruno Pélassy a produit un corpus baroque, drôle et incisif, dont un film manifeste, Sans titre, sang titres, cent titres, sur lequel Marie Canet s’appuie pour mettre en lumière les liens entre l’œuvre et le virus du Sida, qui l’emporte en 2002. Les œuvres de Bruno Pélassy sont produites dans un esprit artisanal d’accumulation et de goût pour la fabrication ; par leur précarité elles marchent contre la pérennité. Au croisement du bijou et de l’objet décoratif, ce sont des choses domestiques car, faites à la maison, elles valorisent dans leur élaboration comme dans leur contenu l’intimité du faire et sa destination.

The Blue One Comes in Blackhttps://credac.fr/editions/the-blue-one-comes-in-blackhttps://credac.fr/editions/the-blue-one-comes-in-blackThu, 01 Jan 2015 00:00:00 +0100

Une nouvelle contribution transversale à la réflexion autour de la pratique de Liz Magor. Cet ouvrage rassemble des textes critiques et de fiction ainsi que des écrits de l’artiste elle-même, dont certains inédits. Il revient non seulement sur les œuvres importantes de la carrière de Magor mais reproduit également pour la première fois ses productions les plus récentes.

The Registry of Promisehttps://credac.fr/editions/the-registry-of-promisehttps://credac.fr/editions/the-registry-of-promiseThu, 01 Jan 2015 00:00:00 +0100

Ce catalogue est publié à l’occasion du cycle de quatre expositions (commissaire : Chris Sharp) qui se sont successivement tenues, entre mai 2014 et mars 2015, à La Fondazione Giuliani, Rome (Italie), au Parc St. Léger centre d’art contemporain, Pougues-Les-Eaux (France), au Centre d’art contemporain d’Ivry - le Crédac, (Ivry-sur-Seine - France) et à De Kabinetten van De Vleeshal, Middelburg (Pays-Bas).

A Curious Contortion in the Method of Progress – L’ellipse d’ellipsehttps://credac.fr/editions/a-curious-contortion-in-the-method-of-progress-l-ellipse-d-ellipsehttps://credac.fr/editions/a-curious-contortion-in-the-method-of-progress-l-ellipse-d-ellipseTue, 01 Jan 2013 00:00:00 +0100

En 2011, presque simultanément, le Kunstmuseum Liechtenstein et l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne demandent à Bojan Šarčević de présenter pour la première fois l’ensemble de son œuvre dans un musée. De cette heureuse conjonction est aussitôt né le désir de rassembler toutes les forces possibles. La présente publication en est un témoignage; elle constitue du reste la première présentation générale du travail que l’artiste a accompli jusqu’à présent.

Attraction étrangehttps://credac.fr/editions/attraction-etrangehttps://credac.fr/editions/attraction-etrangeTue, 01 Jan 2013 00:00:00 +0100

Pour leur premier livre d’artiste, Louise Hervé & Chloé (Clovis) Maillet ont demandé à un illustrateur de réaliser une couverture « pulp » et à trois auteurs de proposer une nouvelle basée sur les travaux et les expositions récentes des artistes. Elles les ont ensuite réinterprétées avec des dessins noir et blanc qui illustrent les histoires ainsi que leurs propres textes, dont le roman-feuilleton inspiré de la littérature du XIXe siècle publié en 2012 dans un journal régional. Le livre développe ainsi des procédés narratifs à plusieurs niveaux qui permettent de filtrer la pratique artistique de Louise Hervé & Chloé (Clovis) Maillet à travers le prisme de genres littéraires qui leur sont familiers.

Ivry Souterrainhttps://credac.fr/editions/ivry-souterrainhttps://credac.fr/editions/ivry-souterrainTue, 01 Jan 2013 00:00:00 +0100

Ivry Souterrain constitue une synthèse des données existantes aujourd’hui sur les sous-sols d’Ivry-sur-Seine. Le livre aborde en dix chapitres les différentes périodes et strates d’occupation, les réseaux et infrastructures : anciennes carrières et caves, tunnels du métro, lacs enfouis, réseaux d’eau, d’énergie et de télécommunications qui dressent un véritable portrait «en creux» de la ville.

Ce projet a bénéficié du soutien financier de Mondriaan Fund, Amsterdam, et Acción Cultural Española (AC/E).
Avec le soutien attentif de la Cité Internationale des Arts, Paris

L’Homme de Vitruvehttps://credac.fr/editions/l-homme-de-vitruvehttps://credac.fr/editions/l-homme-de-vitruveSun, 01 Jan 2012 00:00:00 +0100

Pensé en connivence avec le nouveau lieu occupé par le Crédac depuis 2011 (la Manufacture des Œillets à Ivry), ce catalogue réunit des œuvres qui concernent le monde industriel, la disparition progressive des savoir-faire ouvriers, les mouvements sociaux au sein des usines d’hier et d’aujourd’hui.

Hôtelhttps://credac.fr/editions/hotelhttps://credac.fr/editions/hotelSat, 01 Jan 2011 00:00:00 +0100

Pierre Vadi décrit ses expositions comme des sortes d’« hôtels », dont les invitées seraient les œuvres, d’où le titre de ce livre. Elles y séjournent pendant une période, puis repartent, en attente de l’invitation suivante. Cette première monographie d’importance sur le travail de Pierre Vadi rassemble un certain nombre de ses sculptures et des lieux qu’elles ont eu l’occasion de visiter : le Credac (Ivry), le Mamco (Genève), ribordy contemporary (Genève), La Salle de bains (Lyon), Le Spot (Le Havre), le Swiss Institute (New York), Triple V (Dijon) et la Zoo galerie (Nantes).

Le Travail de rivièrehttps://credac.fr/editions/le-travail-de-rivierehttps://credac.fr/editions/le-travail-de-riviereFri, 31 Dec 2010 00:00:00 +0100
  • Entretien entre Hélène Meisel et Claire Le Restif.
  • Textes de Claire Le Restif, Hélène Meisel et Céline Poulin.Entretien entre Hélène Meisel et Claire Le Restif.
  • Textes de Claire Le Restif, Hélène Meisel et Céline Poulin.

Le Travail de rivière est construit sur trois archéologies : la topographie du lieu qui accueille l’exposition et qui l’a inspiré, espace sous-terrain et labyrinthique du Crédac, la mémoire du commissaire de l’exposition et la nature des œuvres elle-mêmes.

Variations Continueshttps://credac.fr/editions/variations-continueshttps://credac.fr/editions/variations-continuesFri, 01 Jan 2010 00:00:00 +0100

Variations Continues est un concept lié à l’hétérogénéité des travaux au cœur de cette exposition constituée comme un processus continu. Ce concept est utilisé par les artistes Ayşe Erkmen, Füsun Onur et Seza Paker pour concevoir l’espace de manière collective avec leurs œuvres, tout en préservant la dimension personnelle de leur travail, si personnel et singulier.

Véronique Joumardhttps://credac.fr/editions/veronique-joumardhttps://credac.fr/editions/veronique-joumardFri, 01 Jan 2010 00:00:00 +0100

Monographie rétrospective : un panorama, de 1985 à aujourd’hui, d’un travail qui interroge le regard en jouant avec la lumière, avec deux essais et un entretien.

Vincent Lamourouxhttps://credac.fr/editions/vincent-lamourouxhttps://credac.fr/editions/vincent-lamourouxTue, 01 Dec 2009 00:00:00 +0100

Première monographie : une rétrospective des dispositifs lumineux, des grandes installations architecturales et des environnements spectaculaires conçus par l’artiste français, avec un ensemble de textes inédits et un entretien.

Laurent Grassohttps://credac.fr/editions/laurent-grassohttps://credac.fr/editions/laurent-grassoThu, 01 Jan 2009 00:00:00 +0100

Conçu par l’artiste, ce luxueux catalogue monographique et exhaustif sur l’œuvre de Laurent Grasso reprend, dans le graphisme et dans la démarche, le modèle des manuels scientifiques, en faisant remonter à la surface les documents, les images, les informations qui ont servi de scripts cachés aux pièces. L’ouvrage, qui comprend un catalogue raisonné en annexe, présente les projets de 1999 à aujourd’hui en quelques 300 illustrations en couleur, avec un entretien et des textes de Marc-Olivier Wahler, Elie During et Christophe Kihm.

Album 2005-07https://credac.fr/editions/album-2005-07https://credac.fr/editions/album-2005-07Mon, 01 Jan 2007 00:00:00 +0100

Cette monographie retrace par le texte et l’image les différentes expositions de l’artiste depuis 2005, rendant compte de l’évolution de la diversité des voies et des formes qu’emprunte son travail. Les essais qui retracent ce parcours, de nature et de provenances variées, composent un récit hétérogène ponctué de vues d’exposition.

Delphine Coindethttps://credac.fr/editions/delphine-coindethttps://credac.fr/editions/delphine-coindetSun, 01 Oct 2006 00:00:00 +0200

Monographie grand format sur le travail de sculpture et de dessin de l’artiste française Delphine Coindet, avec des textes inédits de Xavier Douroux, Michel Gauthier et Julien Fronsacq.

Cuzinhttps://credac.fr/editions/christophe-cuzinhttps://credac.fr/editions/christophe-cuzinThu, 01 Jun 2006 00:00:00 +0200

L’ouvrage apporte différents points de vue sur l’œuvre : le regard d’un auteur, Alain Coulange, dont nombre de préoccupations croisent celles de l’artiste ; celui de commissaires d’expositions et critiques d’art ayant partagé des projets avec Christophe Cuzin ces dernières années ; des dessins de l’artiste de projets réalisés de 1990 à aujourd’hui ; et enfin une série de vignettes documentant les expositions.

Jens Wolfhttps://credac.fr/editions/jens-wolfhttps://credac.fr/editions/jens-wolfSun, 01 Jan 2006 00:00:00 +0100

Première édition en langue française / anglaise sur l’artiste.

La partie continue 3https://credac.fr/editions/la-partie-continue-3https://credac.fr/editions/la-partie-continue-3Wed, 01 Jun 2005 00:00:00 +0200

La partie continue est un projet (deux expositions, un catalogue) inspiré au départ par un lieu à la topographie singulière, le « white-cube » en pente, et à la géométrie contrarié du Crédac, situé dans les fondations d’un des plus fameux exemple de l’architecture de Jean Renaudie à Ivry-sur-Seine (1970-1975). Ce titre porte en lui la notion de jeu entre continuité et discontinuité, perte et gain, échec et mat.

Emmanuelle Villardhttps://credac.fr/editions/emmanuelle-villardhttps://credac.fr/editions/emmanuelle-villardFri, 01 Apr 2005 00:00:00 +0200

Ce catalogue a été publié à l’occasion de l’exposition Algamata d’Emmanuelle Villard en 2004 au Crédac.

Low commotionhttps://credac.fr/editions/low-commotionhttps://credac.fr/editions/low-commotionSat, 01 Jan 2005 00:00:00 +0100

Le projet Norma Jean au Crédac en 2003 avait pour objet une actrice célèbre, Marilyn Monroe. Pour ce projet Olivier Dollinger a décidé de capter sous hypnose le souvenir d’une icône hollywoodienne. Pendant la séance, la voix d’un hypnotiseur demande aux actrices de se mettre dans la peau de l’idole. Lentement, l’autre, l’icône - le personnage - son souvenir - son fantasme - est réanimé.

Point of viewhttps://credac.fr/editions/point-of-viewhttps://credac.fr/editions/point-of-viewSat, 01 Jan 2005 00:00:00 +0100

Première monographie d’envergure de Simone Decker (travaux réalisés entre 1999 et 2004) dont le travail consiste avant tout en des interventions spatiales à la fois plus amples et plus réduites grâce à l’illusion d’échelle que permet l’utilisation de l’objectif photographique.

Bureau des publicshttps://credac.fr/bureau-des-publics/bureauhttps://credac.fr/bureau-des-publics/bureauThu, 01 Jan 1970 01:00:00 +0100

L’équipe du Bureau des publics accueille tous les visiteurs les après-midi du mercredi au dimanche. Pour vous présenter le travail des artistes invités et vous guider dans les salles, deux documents de médiation sont à votre disposition, la feuille de salle et le Réflex. Des ouvrages spécifiques sur l’exposition en cours sont également consultables sur place. Chaque exposition s’accompagne de rendez-vous ouverts à tous : Crédacollation, Art-Thé, Atelier-Goûté et Rencontre. Pour en savoir plus sur le contenu et les dates de chacun de ces événements, téléchargez le programme de l’exposition. Les groupes adultes peuvent bénéficier d’une visite du lundi au dimanche, sur réservation. Les professionnels et les associations oeuvrant dans le champ culturel, social et éducatif sont invités à se rapprocher de l’équipe du Bureau des publics pour préparer ensemble la venue des groupes. Du lundi au vendredi, les groupes scolaires bénéficient d’une visite adaptée à chaque niveau.

En complément, un atelier de pratique artistique est proposé pour les élèves de primaire. Les enseignants et responsables de centres de loisirs désireux de découvrir l’exposition peuvent s’inscrire à une présentation qui leur est dédiée le jeudi 30 janvier à 17h. Chaque année, le Bureau des publics invite des artistes à concevoir et mener des projets artistiques en collaboration étroite avec les partenaires - établissements scolaires, institutions culturelles, associations - qui souhaitent s’engager dans cette démarche. Le centre d’art est ouvert aux sollicitations des enseignants, professionnels de l’éducation, responsables d’association pour la construction de ces projets.

Renseignements et réservation au 01 49 60 25 06 ou contact@credac.fr

Projetshttps://credac.fr/bureau-des-publics/projetshttps://credac.fr/bureau-des-publics/projetsThu, 01 Jan 1970 01:00:00 +0100