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  • Michel Aubry,
    Is Launeddas, 1992-2000

    Aurélien Froment,
    Allegro Largo Triste
    , 2017


    Durée de la séance : 1h20

    Séances du samedi 8 au dimanche 16 décembre 2018
    Du mercredi au dimanche à 14h30 et 16h ; séance supplémentaire le week-end à 17h30


    L'ethnomusicologue Andreas Fridolin Weis Bentzon a filmé le sonneur de launeddas Antonio Lara en 1962, qui fut le maître d'Aurelio Porcu. Michel Aubry a filmé Aurelio Porcu et son élève Franco Melis dans Is Launeddas (1992-2000). À son tour Aurélien Froment a filmé Franco Melis et quelques-uns de ses élèves dans Allegro Largo Triste (2017).

    Les films de Michel Aubry et Aurélien Froment fonctionnent comme la musique sarde se transmet, par générations. Chacun des deux artistes s’étant déplacé en Sardaigne à des époques différentes, avec des enjeux et moyens différents. 

    Aurélien Froment propose au Crédakino « une séance sans interruption, en complète immersion sarde, afin de voyager dans le temps en suivant les trois morceaux de roseau qui constituent les instruments, et ainsi de poursuivre le film de Michel Aubry dans le mien ».


    >>-> en savoir plus :

    Les launeddas sont l’un des plus anciens instruments de musique connus sur le continent européen. Les instruments de cette famille se composent de trois tubes de roseau, cinq notes à main droite et cinq notes à main gauche, la main gauche étant couplée à un bourdon. Le souffleur utilise la technique de la respiration circulaire continue, jouant simultanément des trois tubes pour faire danser dans les villages ou pour accompagner les processions religieuses. Traditionnellement La formation d’un musicien se faisait alors en partageant les journées d’un maître, depuis le travail agricole et domestique le matin jusqu’aux leçons de musique l’après-midi, sans discontinuité entre l’art et la vie. Le maître transmet à son élève les bases de chaque sonate à partir desquelles l’élève affirmera plus tard sa personnalité de sonneur. C’est une musique relationnelle, qui passe d’un souffle à l’autre sans aucun support matériel, ni partition, ni enregistrement.

    À la fin des années 80, Michel Aubry, artiste, par ailleurs facteur de cornemuse, fait le voyage vers la Sardaigne pour aller à la rencontre des souffleurs de launeddas. Avec Dante Olianas, activiste du parti nationaliste Sarde et Franco Melis, jeune musicien de sa génération, ils rencontrent tous les musiciens professionnels de l’île et recueillent témoignages et musiques. Aurelio Porcu, le maître de Franco Melis leur raconte le projet titanesque entrepris par le jeune anthropologue danois Andreas Fridolin Weis Bentzon (1936-1971) à la fin des années 50, de faire l’inventaire du répertoire de cette musique qui se joue alors dans les villages de l’île, et qui se transmet secrètement d’un maître à un disciple.

    Dans Allegro Largo Triste (2017), Aurélien Froment filme la musique polyphonique de Franco Melis, le dernier d’une longue lignée de musiciens qui ont vécu dans le village de Villaputzu au sud de la Sardaigne. Le film tente de porter la musique de Melis à l’écran en en suivant les lignes. Le ruban du film passe à travers les engrenages de la caméra comme l’air circule du nez à la bouche du musicien lorsqu’il joue. Chaque morceau de musique filmé donne sa durée aux plans, sans coupe ni interruption. Les plans du film s’enchaînent comme les phrases musicales d’une sonate et jamais ne se répètent. Les lieux de tournage choisis pour porter la musique à l’écran inscrivent le son dans les différents champs de la réalité du sonneur de launeddas contemporain, reflétant autant des changements de paradigmes sociaux que la permanence d’un geste, loin de la simplification folklorique : au musée d’archéologie de Cagliari où est conservée une statuette de bronze représentant un sonneur 1000 ans avant notre ère sur une colline face à Tuili, le village de Franco, site probable d’un nurraghe (constructions primitives en pierre que l’on trouve sur chaque point culminant d’un paysage, sans doute pour défendre un territoire et communiquer à distance); au bord de ruisseau – là où poussent naturellement les roseaux ; à l’atelier où naissent les premiers sons de la transformation patiente du matériau ; dans la cour d’une maison, là où la musique fait danser ; à l’église où les traditions païennes et chrétiennes se rejoignent ; enfin au musée local où Franco enseigne et où l’on assiste à la décomposition d’une sonate.

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